Linux trentenaire

Publié le 6 septembre 2021 par Gee dans Dépêches Melba

Allez, pour changer un peu des articles qui dénoncent les GAFAM, on va plutôt faire un peu de célébration aujourd’hui. Car oui, le noyau Linux fête ses 30 ans !

(Bon okay, on va quand même un peu causer GAFAM sur la fin mais c’est par principe…)

Linux trentenaire

Joyeux trentième anniversaire à Linux !

Libriste casse-gonades : « Ah non non non ! On dit GNU/Linux, hein ! On l'a assez dit, hein, Linux, c'est juste le noyau, pas l'OS ! » Gee : « Oui non mais là justement, on ne parle pas de GNU, c'est bien le NOYAU qui a 30 ans. » Libriste : « Ah. Linux. » Gee : « Oui. Le noyau. » Libriste : « Je vois. » Gee : « Voilà. Du coup ce serait sympa de ne pas me péter les miens, de noyaux, dès la 1re image… »

Pour être précis, nous fêtons l'anniversaire de l'annonce du développement de Linux par un étudiant finlandais, un certain Linus Torvalds, le soir du 25 août 1991…

Linus en train de taper son fameux message sur un vieil ordinateur : « Je suis en train de faire un système d'exploitation gratuit.  Bon, c'est juste un passe-temps, ça ne sera pas gros et professionnel comme GNU. » Le gnou, agacé : « Je n'suis pas gros !  Je suis un peu packagé. » Le smiley : « Depuis, Linus aurait déclaré : “moi, les comparaisons, j'ai cessé.” »

La première version diffusée sera la 0.02, quelques semaines plus tard.

Gee, sifflotant : « Moi aussi, quand je diffuse un programme, je mets plein de zéros avant le premier chiffre pour bien signaler que c'est une ébauche de grosse daube codée avec les arpions entre le fromage et le dessert. Genre superflu-riteurnz-v0.0.0.0.0001- prealpha-draft-unstable.tar.gz

En 1992, le logiciel devient officiellement libre – il n'était alors que gratuit – en adoptant la licence GNU GPL, et la version 1.0.0 sort en mars 1994.

Tux : « 176 250 lignes de code, qu'est-ce que tu dis de ça ? » Le gnou : « L'autre se ramène avec son noyau monolithique et c'est moi qui me fais traiter de gros… » Tux : « Tiens d'ailleurs, ça avance, ton projet de micro-noyaux GNU Hurd ? » Le gnou : « Mais c'est qu'il me cherche, le piaf. » Tux : « Va donc, eh, gnunuche. » Une flèche point vers Tux : « (Tux, la mascotte, n'est techniquement apparue qu'en 1996, mais c'est pour l'illustration.à »

Eh oui, car à l'époque, deux systèmes d'exploitation libres existent déjà : le fameux projet GNU dont le noyau Hurd n'était pas encore fonctionnel, et le projet BSD de l'université de Berkeley alors empêtré dans un procès avec AT&T.

Beastie de BSD parle à un agent d'AT&T : « Mais puisqu'on vous dit qu'on n'utilise plus aucun code propriétaire de Unix ! » L'agent d'AT&T : « C'est c'qu'on verra au tribunal ! » Le gnou, en panique derrière son ordinateur : « Quel merdier, ce Hurd… À ce train-là, la v1 sera toujours pas sortie dans 25 ans*… » Tux, timide : « Euuuuh, moi j'suis dispo, sinon. »

Le gnou ignorait alors tout ce que cette déclaration avait de prophétique : aux dernières nouvelles, la version 0.9 de GNU Hurd est sortie en 2019.

C'est donc Linux qui tire son épingle du jeu, et naissent très vite les fameuses « distributions » Linux, qui associent le noyau Linux avec les utilitaires GNU, le système d'affichage X Window et bientôt des environnements de bureau comme Gnome ou KDE, des suites bureautiques, etc.

Le gnou, vexé : « Ouais ouais ouais, alors on va dire “distribution GNU/Linux”, hein ! » Tux, vexé aussi : « Si on va par là, on pourrait aussi dire GNU/Linux/X11/Gnome/etc. » Le gnou : « Peu importe : Linux, c'est qu'un noyau. » Tux : « Ouais, alors que Hurd, c'est que des pépins…  Et pan dans le museau. » Le smiley, excité : « BASTOOOOON ! »

30 ans après l'annonce de son lancement, Linux a-t-il réussi ? Demandons donc l'avis au verre à moitié plein / à moitié vide.

Le verre à moitié vide, blasé : « On estime la part des ordinateurs personnels tournant sous GNU/Linux à 3 %, autant dire que face à Microsoft et Apple, on n'fait pas le poids… » Le verre à moitié plein, heureux : « Linux fait tourner un tiers des serveurs mondiaux – BSD, libre aussi, en fait tourner un autre tiers – ainsi que la quasi-totalité des supercalculateurs, il est embarqué sur un paquet de box Internet, lecteurs blu-ray, liseuses, etc. Et il sert de base à Android, système qui équipe la grande majorité des smartphones. »

Tout dépend donc de notre façon de mesurer la « réussite ». D'un côté, Linux équipe aujourd'hui de nombreux équipements informatiques…

La Geekette : « Steve Ballmer, alors PDG de Microsoft, déclarait en 2001 que Linux était un cancer… » Le logo Windows, en panique : « Bah il avait pas tort, Linux a même fini par me contaminer moi, Windows, avec WSL ! »

… d'un autre, force est de constater que cette popularité s'est construite parfois bien loin des idéaux du projet GNU.

Gee, pensif : « Les fans de “l'open source” ont tourné le dos au “logiciel libre”, en ne voyant dans les licences libres qu'un moyen plus efficace de développer, et non un moyen d'assurer la liberté des utilisateurs et utilisatrices…  Donc okay, on peut se réjouir que Linux serve de base à Android, et en même temps il sert donc de base à un des systèmes les plus verrouillés du moment… » La pomme, logo d'Apple, agacée par cette remarque : « Hééééé ! » Gee : « J'ai dit “un des” ! » La pomme : « Ah.  Quand même.  J'ai une réputation à tenir, moi. »

Souhaitons, malgré ces bémols, un joyeux anniversaire à Linux, sans qui le visage du numérique actuel serait sans nul doute fort différent…

Tux, heureux avec un chapeau de fête et un verre de champagne à la main : « J'angoissais un peu de voir les 30 ans se rapprocher… » Gee, avec un chapeau de fête aussi, et trinquant avec son verre de champagne : « T'inquiète, c'est pire quand ils s'éloignent.  Allez, santé ! » Note : BD sous licence CC BY SA (grisebouille.net), dessinée le 2 septembre 2021 par Gee.

Publié le 6 septembre 2021 par Gee dans Dépêches Melba

Soutenir

Ce blog est publié sous licence libre, il est librement copiable, partageable, modifiable et réutilisable. Il est gratuit car financé principalement par vos dons. Sans inscription, vous pouvez très simplement me soutenir :

Pour l'année 2023-2024, 7614 € ont pour l'instant été collectés sur un objectif annuel de 21 000 € (SMIC brut), soit 36 % de l'objectif :

Sources de revenu Avancement de l'année

Vous pouvez également, si vous le souhaitez, passer par une plateforme de financement participatif :