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Je travaille 50 h par semaine

Publié le 12 mars 2021 par Gee dans Comic trip
Inclus dans le livre Grise Bouille, Tome V

Vous aussi, ça vous fascine, la fierté avec laquelle certaines personnes vous annoncent qu’elles se tuent à la tâche ? Alors cette BD est pour vous.

Je travaille 50 h par semaine

Gee se balade avec un mec lambda. Le mec dit : « C'est bien mignon, les 35 h, hein. Mais bon, moi je travaille facilement 50 h par semaine, voire plus. » Gee, pensif : « Tu sais, en vrai, je crois que tout le monde bosse au moins 50 h par semaine… »

Le mec ne comprend pas : « Hein ? Mais non, les gens font 9 h - 17 h avec une pause à midi et… » Gee compte : « Bah non. Moi par exemple, si je mets bout à bout mon emploi salarié, le temps que je passe à travailler sur mon blog, mes dessins, ma musique…  Et puis celui que je passe à cuisiner, à faire des tâches ménagères, la vaisselle, etc., celui que je passe à entretenir mon jardin…  Bah j'ai pas compté, mais je suis quasiment sûr que ça dépasse les 50 h par semaine aussi… »

Le mec parle comme s'il s'adressait à un enfant de 5 ans : « Non mais là j'te parle pas d'ça, j'te parle de TRAVAIL.  De VRAI travail. » Gee : « Bah c'est du vrai travail, tout ça, non ? La cuisine, le ménage… même le dessin ou la musique, hein, y'a même des gens qui font ces tâches à plein temps, non ? »

Le mec, agacé : « Oui, mais moi j'parle du travail pour lequel tu es PAYÉ ! » Gee, souriant en comprenant : « Ah okay, tu parles d'un travail dont les fruits sont valorisés sur un marché capitaliste. Un emploi, en général. Effectivement, en France, la durée légale c'est 35 h, même si c'est souvent un peu plus avec des RTT. » Le mec : « Voilà ! Alors que moi pardon, mais j'bosse 10 h par jour, parfois même les week-ends ! »

Gee, pensif : « Donc ce que tu me dis, c'est que tu passes au minimum 50 h de ta vie chaque semaine sur une tâche qui te rapporte de l'argent. Et ça a l'air de te rendre fier, je sens à ta façon de me le dire que tu cherches mon admiration. » Le mec, mal à l'aise : « Euuuuh… »

Les deux arrivent dans une petite forêt. Gee poursuit : « Alors okay, soit tu es indépendant et, par chance, tu as réussi à rendre profitable la passion de ta vie, donc tu prends ton pied et tu fais 50 h par semaine parce que ça t'épanoui.  Et dans ce cas, bah c'est chouette, bravo, et quelque part, je t'envie. »

Ils arrivent sur un petit pont au-dessus d'une rivière. Gee : « Personnellement, je ne pense pas que je pourrais passer 50 h par semaine à me consacrer entièrement à une unique chose, quand bien même ce serait une passion.  J'ai besoin de variété.  Mais je conçois que ça puisse différer selon les gens. »

Ils traversent le pont. Gee : « Deuxième option : tu es indépendant mais c'est dur, tu galères à arriver à joindre les deux bouts, donc tu es obligé de bosser de longues heures chaque jour et dans ce cas, je te plains et je compatis. » Le mec a l'air de moins en moins sûr de lui.

Après le pont, Gee poursuit : « Dernière option : tu es salarié, et dans ce cas, tu passes 50 h par semaine à valoriser le capital de quelqu'un d'autre.  Okay, je ne vois pas bien ce que je suis censé admirer là, mais admettons. » Le mec a l'air blasé par la remarque.

Gee explique son point de vue : « J'veux dire : si c'est par choix, c'est sympa de ta part vis-à-vis des gens qui en tirent les bénéfices, mais tu rends sans doute pas service à tes collègues qui ont peut-être d'autres aspirations mais passent pour des branlos à côté de toi, simplement en faisant juste leurs heures…  Tu participes à donner aux cadres des attentes irréalistes vis-à-vis des personnes sous leur direction. » Le mec ne dit toujours rien.

Gee : « Si c'est contraint, bah y'a un truc qui s'appelle le code du travail et qui est pas fait pour les chiens.  Encore une fois, dans ce cas, je te plains et je te conseillerais de te battre pour faire respecter tes droits. Il n'est jamais trop tard pour se syndiquer.  Et je conçois aussi que c'est pas toujours simple, et que c'est plus facile à dire quand on n'est pas dans la situation en question. »

Le mec s'exprime enfin, d'un air fataliste : « Non mais c'est pas contraint, mais tu sais, dans ma boîte, on compte pas nos heures, c'est comme ça. » Gee, pensif : « Ah ouais ? C'est fou ça. Et ta boîte, ils comptent pas les sous que tu touches non plus, ou ça marche que dans un sens ? » Le mec : « Beeeen… »

Gee, ironique : « D'ailleurs, tu sais, maintenant que j'y pense, on pourrait imaginer un système où on compterait ET les heures ET les sous, histoire que personne ne soit lésé.  On coucherait ça sur papier pour que ce soit clair, on appellerait ça un contrat de travail. T'imagines ? » Le mec, un peu vexé : « Rooh ça va… »

Gee remarque : « Mais au fait, j'me disais : dans les heures de travail, moi j'incluais la cuisine, la vaisselle, tout ça… mais toi non. Du coup, comment tu gères ça, vu que ça s'additionne avec les fameuses 50 h de salariat ? Ça doit être galère à gérer, non ? » Le mec, pensif : « Baaaah, c'est surtout ma femme qui… » Gee : « Ah oui. Mais elle “travaille” pas, elle ? » Le mec : « Beeeen… » Note : BD sous licence CC BY SA (grisebouille.net), dessinée le 5 mars 2021 par Gee.

Publié le 12 mars 2021 par Gee dans Comic trip

🛈 Si vous avez aimé cet article, vous pouvez le retrouver dans le livre Grise Bouille, Tome V.

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