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Chapitre 1

Publié le 2 juillet 2026 par Gee

Rappel : cet été, le roman « 60 degrés à l'ombre » est publié chapitre par chapitre sur le blog !

Couverture du chapitre 1 de « 60 degrés à l'ombre »

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Chapitre 1

Il y a des journées qui commencent mal. Il y a des journées tellement pourries que, dès le matin, dès le levé, le ton est donné, c'est là, c'est clair, tu le sais : ça va mal se passer.

Aujourd'hui, ce serait sans doute impropre de dire que la journée a mal commencé : c'est plutôt celle de la veille qui ne s'est jamais vraiment terminée. Il est cinq heures du matin, et ça va bientôt faire vingt-quatre heures que je suis debout. Enfin, debout… Réveillé, au moins. À peu près.

Voyons le côté positif : c'est Gaëlle qui conduit. Si c'était moi, on se serait sans doute déjà emplafonné un platane. Elle n'est pas beaucoup plus reposée, mais elle est déjà moins ramollie du ciboulot que moi en temps normal, ce qui est un avantage. L'inconvénient, là, c'est sa conduite : j'en ai connu des plus rassurantes…

— La vache ! Tu veux pas ralentir, un peu ?

— Non ! J'ai pas envie de cuire, là-dedans ! T'as oublié que la clim était morte ?

— Ah purée… oui, j'avais oublié. La guigne !

Je la dévisage. Sous sa crête iroquoise rouge vif, elle me jette un regard rehaussé de quelques piercings, sans trop quitter des yeux la route qui défile à cent kilomètres-heure en dessous de la voiture.

— D'accord. Fonce.

Je prie silencieusement pour qu'on ne fasse pas une sortie de route. Le bitume est défoncé, raccommodé comme un vieux jean, et dans quelques heures, il risque fort de suinter de partout. On annonce un pic à soixante degrés à la mi-journée. À ce niveau de chaleur, t'as plutôt intérêt à ne pas trébucher sur de l'asphalte en plein soleil. Remarque, si tu te capitonnes pas très vite, t'auras même pas besoin de t'allonger par terre pour être cuit à point, ça règle la question.

On a quitté la ville en pleine nuit, en rentrant de soirée, quand les services météos ont balancé leurs alertes. Ça faisait des jours qu'on les sentait arriver, les soixante degrés ; on peut reprocher beaucoup de choses à la canicule, mais ça fait plusieurs années qu'elle a arrêté de nous prendre par surprise. On crève de chaud quatre mois sur douze — six, pour les malchanceux qui ont pas foutu le camp du désert aride qu'est devenu le sud du pays – et on dépasse assez régulièrement les limites du vivable.

Ce serait exagéré de dire qu'on s'y fait : disons qu'on se fait à l'idée de devoir gérer ça. En général, on se planque en profondeur, dans les caves. Ou bien on pète la porte d'un nanti qui a une clim fonctionnelle chez lui, mais les nantis se font de plus en plus rares sur cette foutue planète. Quand il en reste, faut être en veine pour en trouver un qui ne se soit pas retranché dans une forteresse avec miradors et portes blindées.

Hier, on a décidé de foutre le camp de la ville une bonne fois pour toutes : question aménagement du territoire, c'était pas la meilleure idée de l'humanité que de bétonner des kilomètres carrés de terrain pour s'y empiler comme des Lego. C'est pas les trois parcs et les quatre arbrisseaux plantés entre deux places de parking qui ont rafraichi le bouzin : aux premiers pics de chaleur, tout le vert a été remplacé par du marron bien cramé. Avec les restrictions de flotte, autant dire qu'on évite d'arroser de la pelouse qui a deux heures d'espérance de vie dès que t'arrêtes de t'occuper d'elle.

Bref.

Passé un certain âge, « la campagne, ça vous gagne », comme on dit. Non pas que le côté rural du pays soit paradisiaque : question végétation carbonisée, ça se défend pas mal aussi dans les trous perdus. Disons qu'au moins, les risques de caner dans une émeute de la soif sont restreints quand tu n'as que des sangliers avec qui te bastonner. Alors non, un sanglier qui a soif, ça doit pas être câlin non plus, comme bestiole, mais en même temps, avec un peu de chance, il est déjà rôti à point quand t'arrives : ça peut faire des réserves de bouffe pour quelques jours.

Je suis tiré de mes réflexions par Gaëlle qui se met à beugler :

— Merde ! Merde ! Merde !

— Késsispass ?

— J'crois qu'on arrive au bout de la batterie.

— Déjà ?! Mais on a même pas fait cent bornes !

— Oui, bah titine, elle est plus toute jeune, hein !

Titine, c'est notre bagnole. Un vieux Kangoo, cabossé et rouillé de partout. Elle est plutôt confortable, mais c'est une électrique qui a un paquet d'années au compteur, et la batterie est d'origine. Pour faire court : t'es bien assis, mais pas longtemps. Au prix de l'électricité de nos jours, on y réfléchit à deux fois avant de faire un long voyage. De fait, comme il est rare qu'on enquille plus de vingt kilomètres d'un coup, on n'avait pas vraiment la notion de l'autonomie de titine au moment de partir. On est moyennement jouasses de la découvrir aussi tôt.

— On est encore loin de la destination ?

— Quelle destination ?

— Ben… tu voulais nous conduire où ?

— J'en sais rien. J'espérais que t'aurais une idée.

— Une idée ? Moi ? Tu sais à qui tu parles ?

— C'est toi le copilote, non ?

— Et toi la pilote, donc ?

Elle lève les yeux au ciel. Moi aussi. Ça va encore être de ma faute… Quand on roule, c'est la personne qui conduit qui choisit où on va, ça me semble tomber sous le sens. C'est pas moi qui fais les règles. C'est comme ça depuis qu'on a inventé les bagnoles, même à l'époque où était assez cons pour cramer du pétrole à tour de bras pour les faire avancer.

Je lui demande :

— Donc ça fait une heure que tu roules au hasard ?

— J'ai pris la direction de la mer, dans le doute.

— La mer ?

— Le grand machin bleu avec plein d'eau dedans.

— Tu sais qu'elle se boit pas, cette eau-là ?

— Ça rafraichit quand même.

— C'est sûr qu'on est frais là… On a dû faire un quart du chemin ! Je suis pas expert, mais ça m'étonnerait qu'on sente la fraicheur des embruns à trois cents bornes de distance !

— Dis donc, môssieur l'inspecteur des travaux finis, tu commences à me courir ! T'as une meilleure idée ? Si tu veux, je me gare et je te laisse le volant !

— Bah ouais, merci, je vais aller vachement loin avec une batterie à plat !

On s'engueule comme un vieux couple alors qu'on n'est même pas ensemble. Je l'aime bien, Gaëlle, mais c'est une sanguine : il lui en faut pas beaucoup pour monter dans les tours. Quant à moi, j'suis plutôt un calme, mais quand ça gueule, j'adapte mon propre volume sonore à l'ambiance, c'est normal.

Je me retourne vers notre passager sur le siège arrière.

— David, une idée ?

Il me regarde avec ses gros yeux de chien battu et hoche la tête de gauche à droite. David est la troisième roue de notre carrosse déjà pas franchement équilibré. Il doit faire plus de deux mètres et peser dans les cent kilos, avec une grosse barbe noire qui lui grignote la moitié du visage et une casquette Pokémon que j'aurais eu honte de porter passé douze ans – alors que lui doit bien aller sur ses cinquante piges.

Il a un air sur le visage… on dirait qu'il a toujours envie de chialer. En plus de ça, je ne sais pas s'il est simplet ou juste un peu lent, mais c'est pas une foudre de guerre niveau réflexion. Et question vocalises, c'est l'opposé de Gaëlle : ça fait des semaines qu'on se le trimbale, et j'ai dû entendre le son de sa voix une vingtaine de fois à tout casser.

La dernière fois, c'était tout à l'heure, quand on a pris la route.

— Je suis malade en voiture, qu'il nous a dit.

Moi aussi, et comme je devais faire le copilote pour Gaëlle – pas choisir le chemin –, il est monté à l'arrière, mais sur le siège du milieu, pour voir la route. Comme le Kangoo est une voiture familiale, j'ai même un petit rétro intérieur où je peux le regarder pour vérifier qu'il ne fasse pas de connerie.

David ne fait pas de conneries. De manière générale, David ne fait rien. Je n'ai jamais vu quelqu'un se laisser vivre autant que lui. On aurait embarqué un ficus que la différence ne m'aurait pas renversé. Aucune idée de ce qu'il foutait avant de nous rencontrer.

— T'as pas de réseau ? me demande Gaëlle.

— J'ai surtout plus de forfait. Et toi ?

— J'en ai. Mais j'ai plus de batterie.

— Évidemment. Et toi, David ?

Je le zieute dans mon mini-rétro. Nouveau hochement de tête. Merci David pour ta contribution. J'ouvre la boîte à gant. Pas de carte routière. Le tableau de bord interactif de titine a rendu l'âme il y a plus de dix ans, et de toute façon, je doute que le service de l'appli de géolocalisation vendu avec existe encore. Y'a pire que l'obsolescence programmée : y'a l'obsolescence civilisationnelle. Quand tes objets connectés ont plus rien à quoi se connecter, ils peuvent être garantis deux siècles, ça change plus grand-chose.

Gaëlle accélère encore plus. Je me retiens de lui dire qu'on n'ira pas plus loin en allant plus vite, vu que la batterie va aussi se vider plus rapidement. Vu son humeur, ce serait comme approcher une allumette d'un baril de TNT. Elle serre les dents en disant :

— Si vous voyez quelque chose qui ressemble à une baraque ou à un abri, vous hurlez…

C'était notre plan, au départ. Partir tôt, en pleine nuit, pendant que les températures sont encore supportables ; s'éloigner de la ville avant que l'asphalte ne se mette à bouillir et que la chaleur ne rende les gens tarés ; trouver une maison d'un bon samaritain, avec une bonne cave ou une bonne clim – ou les deux ; lui demander l'asile en échange de notre charmante compagnie.

Là, la lumière de l'aube commence à pointer le bout de son nez, et le thermomètre indique déjà plus de trente-cinq degrés. Le point positif, c'est qu'on a atteint un coin assez rural ; le point négatif, c'est qu'à part les platanes le long de la route, on voit surtout des champs – déshydratés – à perte de vue. L'ombre d'un platane, par soixante degrés, c'est pas ça qui va nous empêcher de sécher comme des pruneaux. D'autant plus qu'on a beau avoir quelques réserves de flotte dans le coffre, il n'y a pas de quoi assurer la survie de trois glandus comme nous par ce genre de température.

De désespoir, je m'exécute, sans protester : je regarde partout, je scrute le paysage, je tourne la tête dans tous les sens à m'en déboiter une vertèbre. Je commence à sérieusement fatiguer, j'ai les paupières qui se ferment toutes seules, et la chaleur ambiante qui commence à monter n'aide pas. J'ouvre la fenêtre pour que le vent me fouette le visage : de toute façon, sans clim, autant aérer l'habitacle.

Dans mon dos, je vois David tenter de contribuer à la recherche du sanctuaire tant désiré, à sa manière. Comment dire… Lui ne risque pas le torticolis, en gros. Il parcourt le paysage des yeux, mais avec un regard tellement à l'ouest que je me demande s'il verrait une piscine municipale si on passait sur son parking. M'enfin, c'est gentil à lui de participer. J'ai toujours préféré les gentils incapables aux connards compétents. Qui se ressemble s'assemble, j'imagine.

Pendant quelques minutes, un silence de plomb s'installe dans le véhicule. Gaëlle est tendue comme un string ; j'ai à peu près le même niveau de sérénité. David… qui sait ce que David ressent ? La luminosité augmente, petit à petit. Avec elle, notre visibilité aussi ; notre espérance de vie, par contre, est en train de descendre en flèche.

Enfin, après ce qui nous aura paru des heures, je crois apercevoir quelque chose. Derrière un bosquet, sur la gauche, une forme artificielle, sombre. Ça pourrait être une habitation. Je retiens mon souffle. Je ne veux pas crier victoire trop vite et faire de faux espoirs à mes camarades. Je ne rêve pourtant pas : la silhouette d'une toiture se découpe de plus en plus nettement.

— Là !

Gaëlle suit mon doigt tendu du regard au moment où nous passons une intersection. Par réflexe, elle envoie un violent coup de volant à gauche : la voiture dérape dans un crissement de pneus. Pendant une seconde, je nous vois nous retourner dans le fossé, mais non, Gaëlle redresse la trajectoire et nous voilà partis en direction de la maison. On entendrait presque vrombir le moteur. Comme c'est une électrique, c'est juste le timbre du doux ronronnement de l'alternateur qui part dans les aigus.

On a quitté la nationale pour ce qui doit être un chemin communal, vu la piètre qualité du revêtement : si c'est carrossable, ça ne saute pas aux yeux. À la vitesse à laquelle on roule, j'ai l'impression d'être dans un 4x4 sur une plage de très gros galets. Le Kangoo sautille tellement qu'on aura de la chance si on ne perd pas une roue au passage. J'ai comme le pressentiment que Gaëlle voit ce voyage comme le baroud d'honneur de titine : notre prochain périple, ce sera à cheval ou à pinces…

Notre destination nous apparaît de plus en plus clairement, et pour une fois, je nous sens vernis : ce n'est pas une simple maison, c'est carrément un manoir ! Un haut bâtiment de style gothique, avec un rez-de-chaussée surélevé, deux étages et une toiture à forte pente. Ça pourrait être la maison de la famille Addams, mais les fenêtres modernes et la porte flambant neuve indiquent que ce n'est pas une ruine abandonnée. Un excellent point pour nous : une baraque de cette envergure, avec ce style, dans un état bien rénové, ça respire le pognon. Et qui dit pognon dit clim, en général. Ou, au pire, une grande cave bien profonde, donc bien fraîche.

Un vaste parc entoure la bâtisse. La pelouse est aussi désespérément jaune que le reste de la végétation alentour. Quelques hauts arbres ont conservé leurs feuilles vertes et apportent de l'ombre, mais on sent bien qu'ils ne sont pas au sommet de leur forme… Une clôture ceint le parc, avec un imposant portail en fer forgé. Il est ouvert, ce qui sera plus pratique. Non pas qu'un portail fermé eût été un problème : il en faut plus que ça pour nous arrêter, et sans être des squatteurs professionnels, on en a vu d'autres. Cependant, après une nuit blanche, mon activité de choix n'est pas le crochetage de serrure rouillée avec option tétanos.

— J'espère que vous aimez l'ambiance maison hantée, murmure Gaëlle.

Elle freine à l'approche du parc, et nous passons le portail. La voiture est silencieuse, seuls les craquements du gravier sous les pneus pourraient trahir notre arrivée. À supposer qu'il y ait quelqu'un dans la maison.

Gaëlle coupe le contact et nous restons immobiles un instant, à dévisager la façade. La plupart des fenêtres sont fermées par des volets. Ce qui ne prouve rien : par les chaleurs actuelles, seuls des inconscients laisseraient le soleil frapper les vitres de plein fouet.

On échange quelques regards avec Gaëlle, puis on se décide à descendre de voiture. On ne dit rien. On pense à la même chose, aux trois possibilités qui s'offrent à nous : soit la maison est abandonnée, et on pourra s'y installer tranquillement pour attendre la fin de la canicule, sans personne pour nous chercher des noises ; soit elle est habitée par quelqu'un d'altruiste qui acceptera de nous héberger, la question étant alors de savoir pour combien de temps ; et dernière solution, on tombe sur un salopard qui préférera nous voir agoniser sur son palier plutôt que nous ouvrir.

Ça arrive heureusement moins souvent qu'on pourrait le penser, mais ça existe, ce genre d'énergumène. Sauf que là, vu le contexte, je ne nous imagine pas nous laisser mourir gentiment sans protester : si un connard d'égoïste veut se réserver son palace pour lui tout seul, j'espère qu'il a pris des cours de muscu, parce qu'au besoin, on le défonce. Et quand je dis « on », je pense surtout à Gaëlle, ma camarade, et ses tendances « punkette vénère ». Je l'ai déjà vue faire : quand elle joue de la savate, t'as pas intérêt à être dans la ligne de mire.

Il n'y a pas un bruit, pas un mouvement. Gaëlle a raison : je ne tomberais pas de ma chaise si on découvrait un guichet pour entrer dans le train fantôme. Je me retourne vers David et je lui demande :

— T'as pas peur des fantômes ?

Il secoue la tête en signe de dénégation.

Avec le soleil qui pointe son nez à l'horizon, le haut de la façade s'éclaire soudain. La lumière du matin est magnifique, et même désespérante de sécheresse, la campagne offre un spectacle ravissant. Enfin… on le trouverait ravissant si ce foutu soleil n'était pas devenu un ennemi mortel au cours des dernières années.

Après une bonne minute, Gaëlle se décide enfin à avancer. David et moi la suivons, comme deux canetons derrière maman-canard. À notre surprise, nous n'avons pas fait deux mètres que la porte s'entrouvre. Nous nous arrêtons net. Pas très sûr de moi, je tente un :

— Euh… bonjour ?

Tout se passe alors très vite : je vois un long tuyau sortir de l'interstice de la porte. Le temps que je pige qu'il s'agit du canon d'un fusil, Gaëlle a déjà plongé derrière le Kangoo en criant « PLANQUEZ-VOUS ! ». J'ouvre de grands yeux et l'adrénaline dissipe la brume dans mon cerveau d'un seul coup. Je détalle en courant et je me vautre derrière la voiture juste à côté Gaëlle.

On entend la détonation et le sifflement d'une balle. Gaëlle et moi, on échange un regard affolé et on crie d'une même voix :

— DAVID !

Je passe la tête au-dessus du pare-choc. Il n'a pas bougé, il est droit comme un piquet, entre la bagnole et la porte du manoir. Il n'a pas l'air blessé, mais s'il ne se remue pas rapidement, je doute que le tireur le loupe deux fois de suite.

Je sors de ma planque en quatrième vitesse, je trébuche vers lui et je le choppe par un bras. Sans qu'on ne se soit concertés, Gaëlle a fait la même chose de l'autre côté. On tire notre gros benêt de pote vers l'arrière et on arrive à se mettre à couvert tous les trois au moment où une deuxième détonation retentit. Les vitres avant du Kangoo explosent, une fine pluie de verre nous tombe dessus.

— BORDEL ! s'écrie Gaëlle en se protégeant le visage.

J'allais le dire. Dans les possibilités qui s'offraient à nous, j'en avais omis une quatrième : celle que l'habitant de la maison n'ait pas la patience d'attendre que la canicule nous achève et décide de finir le boulot immédiatement à coup de bastos. Je le savais – je l'avais dit ! – que ça sentait la journée de merde.

David, qui n'a pas l'air plus perturbé que ça d'être passé à un cheveu de la mort, se retourne vers moi et me dit calmement :

— C'était pas un fantôme, ça.

C'est typique de David : il parle peu, mais quand il l'ouvre, c'est toujours pour dire des trucs pertinents.

Publié le 2 juillet 2026 par Gee
60 degrés à l'ombre

Roman d'anticipation autour de personnages fuyant une canicule en plein effondrement de civilisation. Saga de l'été publiée en juillet-août 2026.

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