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Chapitre 2

Publié le 6 juillet 2026 par Gee

Rappel : cet été, le roman « 60 degrés à l'ombre » est publié chapitre par chapitre sur le blog ! Si vous avez loupé le début, rendez-vous au chapitre 1.

Couverture du chapitre 2 de « 60 degrés à l'ombre »

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Dans les épisodes précédents : le narrateur, sa camarade Gaëlle et David, un ami silencieux, cherchent un abri pendant un épisode caniculaire particulièrement intense. Ils tombent sur un manoir qui semble abandonné, mais sont accueillis par des coups de fusil…

Chapitre 2

L'odeur de poudre envahit le parc. On s'époussette les épaules en essayant de ne pas se planter des bouts de verre dans les paluches. Je n'ai aucune idée de comment on va se tirer de ce guêpier. À pied, on n'ira pas loin. La bagnole peut sans doute encore faire quelques bornes, mais un seul coup de fusil mal placé et elle sera bonne pour la casse. Je ne parle même pas du temps qu'il nous faudrait pour remonter à bord, démarrer et foutre le camp, le tout sans se prendre nous-même une balle.

Évidemment, nous ne sommes pas armés. Ça devient pourtant de plus en plus courant de l'être, par chez nous, vu que les pénuries multiplient les occasions de se friter pour récupérer des miettes. Nous nous étions jusqu'ici toujours débrouillé pour rester loin du grabuge, mais soudainement, je regrette de ne pas avoir un flingue, et Dieu sait que je ne suis pas friand de ces machins.

— Aaaaah, merde alors ! Quelle saleté !

La voix de notre tireur. De notre tireuse, semble-t-il, et ce n'est pas ça qui nous surprend : ce à quoi on ne s'attendait pas, c'était bien à une voix aussi chevrotante. Notre tireuse, si on en juge au timbre de voix, est une vieille dame. Une très vieille dame.

Doucement, on se relève, tous les trois. Comme dans un film au ralenti, on passe nos têtes au-dessus du capot de titine. Là, sur le palier de la maison, ce n'est pas un sniper encagoulé qui nous attend, mais une petite mamie, toute ratatinée, la peau sur les os – peau fort ridée, cela va sans dire –, avec une tignasse blanche qui lui orne la tête comme un soleil. Elle est recroquevillée sur son fauteuil roulant et tapote rageusement sur un fusil deux fois plus gros qu'elle, en grognant des :

— Mais tu vas marcher, oui, saloperie ?!

Mes comparses et moi échangeons un regard. David a un sourire idiot sur le visage ; Gaëlle est aussi stupéfaite que moi. Tous les trois, nous ne sommes pas des génies, mais de manière générale, nous avons toujours réussi à nous sortir des situations problématiques. Nous avons vécu un certain nombre d'absurdités ; nous avons connu notre lot de bizarreries. Pourtant, là, tout de suite, je crois qu'aucun de nous trois n'a le manuel pour cette situation.

Je tente un :

— Euh, on peut vous aider, m'dame ?

Gaëlle me regarde avec des gros yeux en agitant le doigt sur sa tempe dans le signe universel pour « t'es dingue ? ». Je hausse les épaules. La vieille ne nous regarde même pas mais me répond :

— Ça veut plus tirer !

— C'est un fusil, m'dame, pas une mitraillette. Faut remettre des cartouches dedans.

— Tu veux pas carrément lui montrer comment viser le cœur ? siffle Gaëlle en me donnant un coup de pied.

C'est mon problème ça : je pars toujours du principe qu'on peut s'en sortir en discutant. De fait, j'ai parfois tendance à l'ouvrir un peu trop. La plupart des gens disent que je suis sympathique ; Gaëlle dit plutôt que je suis con.

La vieille arrête de secouer son fusil et relève enfin la tête. Elle nous dévisage tour à tour, un air pincé sur le visage. Elle me lance :

— J'sais pas où elles sont, les cartouches !

Je souffle à Gaëlle :

— Tu vois, elle sait même plus où elle a rangé ses munitions. Avec un peu de chance, elle est complétement gaga : on y va, je fais semblant de chercher les cartouches, et pendant ce temps-là, tu lui chopes son fusil et tu lui pètes un bras.

— T'es pas bien non ? J'vais pas avoiner une vieille !

— Une vieille qui vient d'essayer de nous plomber le cul ?

— J'm'en fous, j'tape pas les vieilles, c'est tout.

Notre drôle d'hôtesse met sa main en visière pour se protéger du soleil levant qui l'aveugle et nous lance :

— Qu'est-ce que vous murmurez, là ? V'nez un peu par ici.

Nouvel échange de regards avec Gaëlle et David. Aucune idée lumineuse ne vient secouer nos neurones. L'adrénaline commence à redescendre, et la brume de l'épuisement envahit à nouveau mon cerveau. Nous nous avançons, faute de meilleure idée. Si la vieille s'est foutue de nous et a encore une balle dans son arme, elle peut nous tirer comme des lapins.

Lorsque nous arrivons à un mètre d'elle, elle lève son fusil vers nous et s'écrie :

— Stop ! Vous êtes assez près.

— J'croyais que votre fusil était déchargé ? fait remarquer Gaëlle.

— Ah ouais. Mince, c'est vrai, répond la vieille en baissant son arme d'un air dépité.

Elle soupire en laissant tomber le fusil au sol.

— J'imagine que vous êtes venus pour me détrousser ?

— Mais pas du tout ! s'exclame Gaëlle. On cherche juste à s'abriter pour survivre à la vague de chaleur.

— Vous êtes sûrs ? Les gens sont violents, de nos jours. Z'êtes pas des violents ?

Je ne peux m'empêcher de répondre :

— C'est le chasseur qui se moque du lapin… Ceci dit, on peut toujours vous mettre quelques claques dans le museau pour la forme. AÏEUH !

Gaëlle m'a recollé un coup de pied, plus fort cette fois. Elle dit :

— Excusez-le, il est toujours chafouin quand il a pas ses huit heures de sommeil…

Je grommelle :

— J'suis surtout chafouin quand on essaie de me flinguer…

— Ah, fait la vieille, pardon, mais je me méfie toujours des intrus. C'est pas contre vous.

— Ah bon. Ça va alors.

— Pouvons-nous entrer ? demande Gaëlle.

— Si je refuse, vous allez foutre le camp ?

Gaëlle et moi répondons d'une même voix :

— Non.

La vieille pousse un gros soupir de cheval agacé et lâche un :

— Eh bah entrez…

Elle passe le seuil de la porte et nous lui emboîtons le pas. Je vois du coin de l'œil Gaëlle ramasser le fusil au passage. Pour les accueils chaleureux, on repassera. Enfin, peu importe : nous sommes à l'abri.

À part quelques rayons de soleil qui passent par les interstices des volets, la maison est plongée dans l'obscurité. Nos yeux, habitués à la luminosité extérieure, mettent un moment à y voir quelque chose. Notre hôtesse ne nous a pas attendus, nous sommes seuls dans le hall d'entrée. Je reste sur mes gardes, m'attendant à tout instant à voir mamie ressurgir avec un couteau de boucher. Plusieurs portes desservent les pièces du rez-de-chaussée, et un imposant escalier aux rambardes à moulures monte au premier. Peu de chance qu'elle soit passée par là.

L'aménagement intérieur du manoir est assez raccord avec l'architecture de la bâtisse : des meubles à l'ancienne, effet bois massif ; des papiers peints à fleurs dégueulasses ; de la moquette d'une couleur sombre incertaine étant donnée l'obscurité ; des tableaux au mur représentant des types habillés comme à la Renaissance et qui tirent des gueules de trois pieds de long. Grosse ambiance.

On entend le plancher grincer à l'étage. Les murs ont l'air de trembler, et je sens un drôle de courant d'air me passer entre les jambes. Ça, en plus de l'atmosphère carrément sinistre, je commencerais presque à flipper. Je souffle :

— Soit on a loupé le monte-escaliers et mamie fait la danse de la pluie à l'étage, soit cette maison est vraiment hantée.

— Arrête tes bêtises, me fait Gaëlle. C'est une vieille baraque, ça grince de partout, c'est tout.

Je la regarde. Elle hausse les épaules, imperturbable. Je regarde David. Il me regarde et continue de sourire comme un idiot. Je suis vraiment bien entouré.

La voix de notre hôtesse résonne depuis la pièce du fond de l'aile gauche :

— Alors, vous v'nez ? J'suis dans la cuisine.

On s'avance, la moquette étouffant le son de nos pas. La cuisine fait aussi rétro que le reste, avec son carrelage marron-moche et son évier du siècle dernier. La vieille nous attend et, surprise, elle n'est pas seule : une petite fille, cinq ou six ans tout au plus, est assise par terre à côté d'elle. Elle est en train de jouer avec une fausse pharmacie-jouet en plastique, un bonnet de chirurgienne sur la tête. Elle relève la tête vers nous lorsque nous passons le pas de la porte. D'un air suspicieux, elle se retourne vers la vieille :

— Mamie ? Pourquoi t'as pas tué les méchants ?

— Parce que c'est pas des méchants, ma puce. Hein ? Z'êtes pas des méchants, hein ?

Elle nous lance un regard assassin. Je comprends un peu mieux sa méfiance : outre sa propre sécurité, elle doit assurer celle de la môme. À sa place, dans un contexte aussi merdissimal que le nôtre, j'aurais sans doute la gâchette facile aussi. Je souris à la petite :

— Non, on n'est pas des méchants.

— Non non, confirme Gaëlle en posant le fusil contre le mur, on est gentils.

— Hyper-gentils.

La petite a l'air moyennement rassurée et cherche une confirmation chez David. Tout le monde se tourne vers lui. Celui-ci semble surpris qu'on lui demande son avis, mais il opine du chef sagement. L'avantage de porter cette stupide casquette Pokémon, c'est qu'il a en général un bon contact avec les gamins.

— Il cause pas, votre copain ? nous demande mamie.

— Si, mais pas souvent.

— Tant mieux. J'aime pas les gens qui jacassent.

Ça fait beaucoup de mots pour me dire de la boucler. Nous faisons les présentations malgré tout. La gamine s'appelle Poena – encore un nom à coucher dehors –, sa grand-mère Agnès, et je comprends assez vite, à son expression, qu'il ne vaut mieux pas demander où sont papa et maman.

Nous taillons le bout de gras sur ce qui nous amène, d'où nous venons, toutes ces banalités, quand je remarque soudain qu'il fait chaud. Pas une chaleur insupportable, moins chaud que dehors, mais définitivement plus chaud que ce que j'aurais imaginé d'un vieux bâtiment aux murs épais.

— Vous avez pas la clim, chez vous ?

— C'est pas chez moi, me dit Agnès.

— Ah mince.

— Voyez le bon côté des choses : si ça avait été chez moi, j'aurais su où étaient les cartouches, et je vous aurais dégommés.

— C'est pas faux.

— Poena et moi, on est arrivées hier soir. Nous aussi, on voulait s'abriter quelque part. Une chance qu'on soit tombées sur cette bâtisse, parce que la batterie de la voiture était quasi-morte.

— Bienvenues au club.

— La maison était vide, la porte déverrouillée, alors j'ai garé la voiture dans le garage, et on est entrées.

— Déverrouillée ? Sérieusement ? demande Gaëlle.

— Sérieusement. Les proprios ont dû partir en urgence, j'imagine.

Je lui demande :

— Vous êtes sûre qu'ils sont partis ? Vous n'avez croisé personne ?

— Si, trois emmerdeurs qui sont venus s'incruster y'a dix minutes.

— « S'incruster » dans une maison que vous squattez ! Vous manquez pas d'air…

— Premier arrivé, premier servi, crache-t-elle d'un air véhément.

Gaëlle me coupe pour que la conversation ne reparte pas en pugilat :

— Et donc… la porte était ouverte, et ? Vous vous êtes installées ?

— Mouais. On a pris la chambre du rez-de-chaussée, pour des raisons évidentes. J'ai gardé Poena avec moi, elle a l'habitude de dormir dans le même lit que sa mamie. J'ai trouvé la pétoire dans l'armoire de la piaule. Et malheureusement, je sais pas comment on allume ces machins.

Elle indique un bloc de climatisation, que je n'avais pas remarqué, au-dessus de la porte de la cuisine.

— D'ailleurs j'sais même pas comment on remet l'électricité. On a passé la nuit dans le noir complet.

Par un réflexe un peu idiot, j'appuie sur l'interrupteur au mur. Le lustre pendu au plafond ne s'allume pas, évidemment.

— Vous me pensez assez gâteuse pour ne pas avoir essayé le coup de l'interrupteur ?

— Moi ? Nooon.

— Si, balance Gaëlle en reniflant, il pensait même que vous seriez tellement gâteuse qu'on pourrait vous tabasser dans le feutré.

Sympa. Merci Gaëlle. Le soutien entre potes, j'apprécie toujours. Mamie et moi, on commençait tout juste à s'apprécier.

Je lance à Gaëlle :

— Eh béh, j'aurais pas aimé te connaître en quarante, toi…

— Jean Moulin, il tabassait pas des petites vieilles, me répond-t-elle en se croyant maligne.

Agnès me regarde d'un air dégouté et me lance :

— Mon pauvre vieux, si t'as besoin qu'une vieille dame comme moi soit gâteuse pour être sûr de pas prendre une raclée, c'est que tu dois vraiment être taillé comme un mollusque.

L'insulte provoque un éclat de rire à Poena. C'est ma fête. Je cherche du soutien de la part de David, mais ce serait comme attendre du soutien d'un caillou. Vexé, je quitte la pièce en disant :

— Eh bah le mollusque va chercher le disjoncteur. Faut bien que quelqu'un se rende utile.

En sortant, j'entends Gaëlle commencer à blaguer avec Agnès. Je ne perçois pas les détails, mais mon nom est cité. Ravi de voir que ça rapproche les gens, de se foutre de moi. Il est même pas sept heures du mat', et la journée s'avère de plus en plus pourrie.

Je repasse par le hall et je contourne l'escalier : instinctivement, j'imagine que le disjoncteur est à la cave, et que l'escalier qui mène à cette cave est en dessous de celui qui mène à l'étage. Reste à prier que l'électricité ne soit pas tout simplement coupée : la maison a beau avoir l'air entretenue, si elle n'a pas été habitée récemment, il y a peu de chance qu'elle soit alimentée. Dans le pire des cas, la cave pourrait faire office d'abri. Après tout, la clim, c'est un luxe : les paumés comme Gaëlle et moi, on a l'habitude des caves. Ça ne veut pas dire qu'on aime ça.

Derrière l'escalier qui mène au premier, je trouve bien une porte qui semble mener au sous-sol. Le hic, c'est que ce n'est pas une simple porte. Au niveau du design, pour être franc, ça m'évoque un cliché de porte de chambre-forte dans une banque : c'est en métal, avec des rivets gros comme mon poing sur tout le pourtour ; c'est verrouillé par un de ces mécanismes de code en forme de roue ; même en l'attaquant au marteau-piqueur, je suis pas certain qu'on puisse en venir à bout. De toute façon, on n'a pas de marteau-piqueur.

En bref, ça craint. Si c'est ça, notre seul accès à la cave, on peut dire adieu à la possibilité de remettre l'électricité en route et à la fraîcheur du sous-sol. Salauds de riche… troquer une belle cave à vin d'époque pour un abri anti-atomique même pas accessible, faut vraiment avoir un sens des priorités complétement claqué.

Par acquit de conscience, j'essaie de tirer sur la poignée. Après tout, Agnès a bien dit que la porte d'entrée était ouverte, alors pourquoi pas… Mais c'est peine perdue, cette porte-ci est bien verrouillée. Niveau crochetage, j'me débrouille, mais là, je crois que c'est en dehors de mes compétences.

Je retourne dans la cuisine. Gaëlle et Agnès sont encore en train de cancaner à mes dépens, tandis que David fait sauter la petite Poena sur ses genoux, la faisant rire aux éclats. Content de voir que tout ce beau monde s'entend comme larrons en foire. Visiblement, mes camarades ne sont pas rancuniers pour deux sous. Personnellement, le canardage au fusil de chasse, je n'ai pas encore digéré, mais apparemment je suis le seul. Quoi qu'il en soit, je me vois obligé de casser l'ambiance :

— Dites… on va avoir un problème au niveau de l'accès à la cave…

— Mollux arrive pas à ouvrir la porte ?

Croyez-le ou non, c'est la petite Poena qui vient de m'envoyer ce scud. Ça doit être génétique d'être une peste. Si dans cinq ans, on lui offre une kalachnikov, je ne donne pas cher de ma peau.

— Le « mollusque » apprécierait qu'on lève le pied sur les vannes, mademoiselle.

— MOLLUX ! MOO-LLUU-KSEUUUH !

Sale petite connasse.

— C'est quoi, le souci ? me demande Gaëlle en essayant de couvrir les cris rigolards de Poena qui sautille tellement fort sur David que j'en ai peur pour les rotules de ce dernier.

— Le souci, c'est une foutue porte blindée. Je suis pas expert, mais à vue de pif, ça pue le bunker avec des murs d'un demi-mètre d'épaisseur.

— Ah.

— Voilà.

Un silence s'abat sur la cuisine. Même Poena arrête son boxon. Tout le monde pige assez bien l'étendu du problème : la chaleur relative indique que la maison est bien moins isolée qu'on aurait pu l'espérer. Sans clim ni cave, nous sommes condamnés à passer la journée ici, avec le risque de voir la température monter en flèche. Nous ne finirons pas carbonisés comme en plein soleil, mais nous risquons de passer un sale moment quand même. Voire d'y passer, dans le cas de mamie-pétard. Nous avons beau ne pas être partis du bon pied, tous les deux, je n'en suis pas – encore – à souhaiter sa mort.

C'est Gaëlle qui finit par rompre le silence :

— Dites, Agnès, à tout hasard… vous n'avez pas vu des produits d'entretien, dans le coin ?

— Faire le ménage n'a pas été mon premier réflexe en arrivant, pour ne rien vous cacher.

— Et des produits de jardinage ?

Mamie fait une moue avec un geste agacé qui doit signifier « non, j'ai pas non plus taillé les massifs ». Aimable comme une porte de prison, mais c'est moi qu'on rembarre. Je demande à Gaëlle :

— Tu veux en venir où ?

Elle se lève, me toise avec son air bravache que je ne connais que trop bien et déclare avec un ton de défi dans la voix :

— Ta porte blindée, là ? On va l'exploser. Littéralement.

Publié le 6 juillet 2026 par Gee
60 degrés à l'ombre

Roman d'anticipation autour de personnages fuyant une canicule en plein effondrement de civilisation. Saga de l'été publiée en juillet-août 2026.

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