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Chapitre 3

Publié le 9 juillet 2026 par Gee

Rappel : cet été, le roman « 60 degrés à l'ombre » est publié chapitre par chapitre sur le blog ! Si vous avez loupé le début, rendez-vous au chapitre 1.

Couverture du chapitre 3 de « 60 degrés à l'ombre »

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Dans les épisodes précédents : les protagonistes trouvent refuge dans un étrange manoir abandonné où l'électricité semble coupée. L'accès à la cave est bloqué par une épaisse porte blindée. Gaëlle propose de se débarrasser de la porte à coup d'explosif…

Chapitre 3

Gaëlle a été artificière dans une autre vie. Enfin je n'en sais rien, mais c'est ce que j'aime imaginer. Ce n'est pas la première fois que je l'entends parler de faire péter des trucs. Pour la mise en pratique, en revanche, ça sera de l'inédit.

En réalité, nous parlons peu de nos anciennes vies. Quand tu te réveilles un matin dans un monde comme le nôtre, tout le passé te semble un peu irréel. Tout ce que tu croyais acquis est remis en cause : le confort, l'eau courante, l'électricité, la bouffe… même le simple fait de pouvoir aller et venir sans risquer la brûlure au deuxième degré. Je passe sur les catastrophes « naturelles » comme les ouragans et les inondations – qui n'ont plus rien de naturel à partir du moment où elles ont clairement été provoquées par notre foutu mode de vie. La stabilité est devenue un luxe réservé au petit nombre qui a le pognon. Nous autre, nous vivons au jour le jour, nous survivons au jour le jour. L'idée d'un « emploi » stable en serait presque saugrenue.

Quand tu en es réduit à fuir les villes pour aller squatter des maisons de campagne, dans l'espoir de survivre à une banale journée d'été dans une société occidentale en plein effondrement – même si la sacro-sainte Intelligence Artificielle Générale continue de nous dire que tout est sous contrôle –, le fait de savoir si tes camarades d'infortune ont été agents d'assurance ou acrobates dans un cirque ne t'intéresse plus tant que ça. Pire : si t'as eu le malheur de bosser dans un domaine « fortement émetteur en CO2 », genre hôtesse de l'air ou pompiste, y'a toujours des abrutis pour te foutre l'intégralité du réchauffement sur le dos et te le faire payer. Du coup, tout le monde est un peu frileux à raconter son « bon vieux temps » personnel.

Alors que bon… qui avait vraiment le pouvoir d'infléchir la catastrophe ? On a trié nos déchets, on a bouffé bio, on a covoituré et on a décru, on se l'est joué « sobres », tous seuls comme des cons, pendant que les jets privés continuaient de voler. En définitive, nous y voilà : les prédictions des cassandres se sont réalisées, parfois avec un peu d'avance. Et avec, toujours, des jets dans le ciel, et même des navettes spatiales, tant qu'on y est. Tout ça, ça me débecte, mais c'est trop tard : quand t'as le choix entre la justice et la survie, tu perds pas ton temps à chercher un avocat.

Moi, avec mes maigres compétences, je me borne à éclairer Gaëlle avec ce qui reste de batterie sur mon téléphone. Ça ne va pas durer longtemps, mais comme il est hors de question d'ouvrir les volets, nous nous contentons de ça. Elle a rassemblé tous les trucs les plus chimiques qu'elle a pu trouver : ça va du bidon de javel à un désherbant récupéré dans la cabane de jardin au fond du parc. Un machin toxique vert fluo, avec une grosse tête de mort sur la bouteille. Le genre qui aurait dû être interdit un siècle plus tôt si on n'avait pas été gouvernés par des salopards. Salopards qui avaient probablement des actions dans la société qui produisait cette saleté.

Visiblement, Gaëlle a l'air de savoir quoi mélanger avec quoi pour fabriquer une petite bombe artisanale. Elle s'est couvert le visage, vu qu'elle a le pif au-dessus du mélange, mais même à un mètre de distance, j'suis plus irrité que dans les déluges de lacrymos qu'on se mange à chaque émeute de la faim : si la porte avait des poumons, elle serait déjà cannée.

— Tu sais ce que tu fais ?

— Fais-moi confiance, elle va pas nous résister longtemps, ta petite porte blindée à deux centimes.

— C'est plutôt la structure autour qui m'inquiète. Si tu peux péter un demi-mètre d'épaisseur d'acier, je ne donne pas cher des murs. Au cas où t'aurais pas remarqué, on a quelques étages au-dessus de nos têtes.

— T'inquiète, je fabrique pas de quoi écrouler un immeuble, l'explosion sera localisée. Bon… je ne promets rien pour les cloisons en placo tout autour, mais les murs porteurs devraient tenir. C'est de la vieille pierre, ça en a vu d'autres.

— « Devraient » tenir ? Ça respire pas la certitude, comme façon de parler.

— J'en suis sûre à 90 %, OK ?

— Ça fait quand même une chance sur dix de se faire ensevelir.

— Tu peux toujours attendre dehors, si ça te rassure. Paraît que le bronzage intégral, c'est la mode, cette année. Pi en cette saison, c'est vachement plus efficace que les cabines à UV.

C'est le moment que choisit la batterie de mon portable pour rendre l'âme. Nous nous retrouvons plongés dans l'obscurité. Chacun distingue le visage de l'autre encore à peu près, mais pour ce qui est de lire les étiquettes sur les bouteilles, c'est plus compliqué.

— Euh… t'avais terminé ?

— Tu déconnes ? J'avais à peine commencé. Plus personne n'a de téléphone en état de marche ?

— C'était moi qui avais le dernier…

Gaëlle reste silencieuse un instant. Dans l'absolu, nous pourrions entrouvrir l'un des volets. Je lui suggère :

— Si on déménage ton petit atelier de chimiste dans la cuisine ou le salon, on pourrait ouvrir légèrement et…

— Nan. Laisse tomber. C'est pas juste pour la chaleur : j'ai pas envie d'intoxiquer l'intégralité de la maison avec les effluves. Viens, on va fouiller ce manoir. Doit bien y avoir une lampe-torche quelque part…

Je ne lui fais pas l'offense de lui faire remarquer que les lampes-torches sont devenues aussi rares que les cartes routières… pour la même raison, d'ailleurs. Une raison avec un écran tactile et une carte SIM dedans, une raison qui est aussi utile qu'une brique quand sa batterie est morte, comme celle que je tiens dans la main en ce moment même.

On se met donc en quête de rangements à fouiller. Autant dire que dans une telle baraque, ça ne manque pas… Gaëlle part explorer les étages supérieurs et je me concentre sur le rez-de-chaussée.

Je fouille ce qui ressemble au salon, avec son grand tapis qui recouvre quasiment l'intégralité du plancher, et ses deux grands canapés en cuir. Du foutu cuir qui tient chaud et colle à la peau dès qu'on dépasse les trente degrés, encore une idée ridicule. Il y a même un téléviseur, ce qui devient rare de nos jours : la télévision était déjà un média de vieux quand je suis venu au monde, de nos jours c'est une relique du passé. À part pour la météo et les relais de l'IAG, je n'ai même aucune foutue idée de qui ça pourrait intéresser.

Trois choses me surprennent tandis que j'avance dans ma fouille. Premièrement, les meubles sont quasiment vides. Pas entièrement, mais c'est comme si on avait rangé deux trois bricoles dans chaque tiroir pour faire bonne figure, sans avoir jamais besoin de l'intégralité du volume de rangement disponible. Ce qui, dans une demeure où chaque pièce dispose au minimum d'une armoire, d'une commode et d'un ou deux placards dans les murs, ne respire pas la cohérence.

Deuxièmement, contrairement à ce que j'avais cru en arrivant, les meubles en question ne sont pas du tout en bois massif, mais dans une espèce de contreplaqué bon marché… avec un design qui imite des vieux meubles.

Enfin, troisièmement, il manque quelque chose… je mets un moment à identifier ce que c'est, et je finis par percuter : l'odeur. Ça ne sent rien. Pourtant, des vieilles baraques, j'en ai visitées quelques-unes : ça refoule quasiment toujours la vieille cave ; la transpiration de papi/mamie qui a imprégné les murs ; l'odeur de moisi des livres jaunis ; les traces de tabac froid dans les papiers peints. Ici, rien de tout ça : c'est bien simple, un appartement témoin sentirait plus fort.

Je retourne dans la cuisine. , j'ai une puanteur légère qui me monte aux narines mais, sans vouloir faire de l'âgisme, je l'attribue rapidement à la présence d'Agnès, notre mamie déglingo du fusil. Elle est avachie dans son fauteuil roulant, les yeux clos : on pourrait la croire décédée si ce n'était pour le ronflement de camionneur qui fait vibrer ses naseaux ainsi que les murs alentours.

David, lui, est toujours en train de jouer avec la gamine. Il a un faux pansement collé sur le front, et Poena fait mine de l'ausculter avec son stéthoscope jouet. J'aurais dû me douter que David serait doué avec les mômes : quand tu lui parles, t'as toujours une sensation fugace qu'il a encore cinq ans dans sa tête. D'une certaine manière, lui et Poena habitent dans le même monde… Je les envie, quelque part. Lui et elle ne se préoccupent pas de savoir si les expériences chimiques de Gaëlle vont nous permettre d'ouvrir une connerie de porte blindée ou si nous allons simplement tous mourir étouffés dans d'atroces souffrances.

— Vous dérangez pas pour moi, j'fais que passer.

J'ouvre un à un les tiroirs de la cuisine en ignorant les « Mollux » que Poena se remet à chantonner. Encore une fois, tout est à moitié vide. Il y a six fourchettes, six couteaux, six cuillères : le minimum vital auquel on pourrait s'attendre. Pas d'argenterie scintillante, pas d'immense pile d'assiettes en porcelaine. Je ne serais même pas surpris de tomber sur un carton de sets de table Ikea dans la poubelle.

J'ouvre les placards du haut : même chose. Quelques assiettes qui trainent, quelques verres sans aucun style. Deux trois conserves dans les placards, et rien dans le frigo – qui est éteint, évidemment. C'est un manoir non-abandonné mais à moitié vide, je n'ai jamais vu ça.

— Y cherche quoi, Mollux ?

Elle, elle commence sérieusement à me gonfler. Gaëlle ne tape pas les vieux, et moi je n'ai jamais tapé de môme, mais j'suis sérieusement tenté de m'y mettre. Je l'envoie bouler :

— Une lampe-torche, mademoiselle Chieuse, j'imagine que t'as pas ça, dans ton nécessaire de Docteur Maboul ?

Je claque la porte du placard avec énervement… et je vois soudain le placard partir en arrière. Pire : c'est l'intégralité du mur qui bascule. Tout le pan qui séparait la cuisine du hall dégringole dans un grand fracas qui réveille Agnès. Un petit nuage de poussière se soulève. La cuisine est maintenant ouverte sur le hall. Ça donne directement sur l'endroit où Gaëlle avait commencé à mélanger ses produits pour tout faire péter. Personnellement, je préfère les cuisines ouvertes, mais ce serait exagéré de dire que je m'attendais à ça.

— Le mur est plus là, remarque David.

Avec tout ça, il cause de plus en plus souvent, le David. Si on continue à foutre le bazar partout, on va finir par avoir une vraie conversation avec lui.

— Qu'est-ce t'as foutu ? s'exclame Agnès.

— Pourquoi ce serait tout de suite de ma faute ? J'ai fermé un placard ! J'ai jamais abattu de cloison en fermant un placard !

— Foutue brutasse !

— Non mais c'est dingue, ça !

Je me rapproche. Toute la cloison est par terre, les placards encore accrochés, posés à l'horizontal. Les quelques assiettes et verres restés dedans sont en miette. Je jette un œil au mur adjacent… enfin, qui était adjacent quelques secondes plus tôt. On devine à peine la jointure de la cloison, comme si elle avait été simplement collée.

— Faut admettre, ça paraît plus grand, maintenant.

Je suis soudain pris d'un doute affreux… je m'approche du mur en face, celui qui donne sur l'extérieur. Je tapote dessus avec l'arête du doigt, et comme un bon vieux daron, je déclare :

— C'est du placo, ça.

Un ange passe. Puis Agnès se sent obligée de me rentrer dans le lard :

— Qu'est-ce qu'on en a à secouer ?

— Du placo pour un mur extérieur ? Je sais bien que vous avez plus tous les fusibles allumés, à votre âge, mais y'a rien qui vous choque ?

— J'ai une tronche à avoir bossé dans le bâtiment ?

— Un mur porteur, comme le nom l'indique, c'est censé porter. De fait, on les fait plutôt dans des trucs solides. Y m'semble, hein ! Si l'enceinte est en placo et les cloisons intérieures en carton-pâte, c'est à se demander comment l'ensemble tient sans nous tomber sur le coin de la figure. À croire que…

Je me fige. Un second doute, encore plus affreux que l'autre, m'assaille – comme les guerriers, oui. Je m'approche de la grosse cafetière italienne posée sur le plan de travail qui n'a pas foutu le camp avec le reste, et je la soulève. Elle est légère comme une boîte en carton. Oh non…

— Qu'est-ce qu'il fout ? murmure Agnès à David qui hausse les épaules.

De désespoir, je monte sur une chaise et tapote sur le bloc de climatisation que mamie m'a indiqué tout à l'heure. Gling gling. C'est une carcasse métallique. Vide. Comme tout le reste. Du toc.

Je prends une profonde inspiration et j'annonce :

— Mesdames et messieurs, je suis au regret de vous annoncer que nous nous trouvons actuellement dans une maison factice.

— Factice ? me fait mamie.

— Factice.

Poena se met à chantonner :

— La factice n'est pas passée, elle passera dans cinq minutes !

Je n'arrive pas à réfréner un :

— Ta gueule.

— Héééééé ! chougne-t-elle.

— Dis donc, s'énerve mamie, ça va pas la tête de parler comme ça à ma petite fille ? Pi c'est quoi, ces histoires de maison factice ?

— C'est une fausse maison, quoi ! En toc, en carton-pâte ! Un décor de cinéma ! Comment je peux être plus clair ? La clim est fausse ; la cafetière est fausse ; les cloisons sont collées à l'arrache et foutent le camp dès qu'on claque une porte.

— Tu délires, mon petit père.

Elle aussi, elle commence à me saouler. J'attrape la cafetière et je la lui lance. Elle pousse une exclamation en appréhendant le poids mais, en l'attrapant, elle comprend le problème.

Elle dévisse le haut et regarde la marque.

— C'est plus ce que c'était, Bialetti… une cafetière en carton, maintenant…

— Parce que vous vous imaginez qu'on va se faire un café avec ça ? C'est du faux, j'vous dis ! Tout est pareil ! Y'a guère que les meubles qui soient vrais – tant mieux, remarque, comme ça j'peux vraiment en tomber de ma chaise…

Je m'écroule d'ailleurs sur la plus proche. Poena ne dit rien, vexée par mon « ta gueule ». Ça me fait des vacances. David ne dit rien non plus, mais c'est le contraire qui m'aurait étonné. Agnès a l'air de lentement réaliser que je ne délire pas.

En me prenant la tête entre les mains, je me mets à piger tout un tas d'anomalies : l'absence d'odeur, les meubles en toc à moitié vides, l'absence d'électricité… et la chaleur. Cette satanée chaleur. J'aurais dû m'en douter tout de suite : ce n'est pas que la maison est mal isolée, c'est qu'elle n'est pas isolée du tout. Les murs sont fins comme du papier à chiotte. Pour le havre de fraicheur, c'est loupé : on aura de l'ombre, mais à part ça, ce sera comme être dehors, l'aération en moins.

Punaise… le parc immobilier de résidences secondaires du pays fourmille de villas cinq étoiles désertes, et on a réussi à tomber sur la seule maison en carton à cinq-cent bornes à la ronde. Pour l'explosion de la porte blindée, c'est compromis aussi : le moindre souffle risque de mettre l'intégralité de la baraque par terre. Si Gaëlle…

Un électrochoc. Je me relève d'un bon.

— Gaëlle !

Je sors de la cuisine en courant : avec mon exploit de tout à l'heure, c'est encore plus simple, il suffit d'enjamber les placards et on arrive directement à l'escalier. Gaëlle était partie explorer l'étage, ça m'est revenu d'un coup : j'ignore comment le bâtiment tient debout, mais ça ne m'étonnerait pas de voir ma pote traverser le plancher en marchant un peu trop fort.

Je l'appelle sur le pas de l'escalier. Pas de réponse. Merde, merde, merde. Je monte les marches. Quatre à quatre, mais le plus doucement possible : je sais, c'est dur à imaginer. Bon, mettons que je marche à grandes enjambées, mais en faisant tout mon possible pour amortir l'atterrissage à chaque pas. Je suis aidé par le long tapis qui descend le long des marches et qui me semble bien rembourré. Le décor est vraiment soigné. Carton-pâte mais luxueux, en somme.

— Gaëlle ?

Le premier étage est tout aussi sombre que le rez-de-chaussée, mais on s'y repère quand même. Je fais le tour des pièces. Il y a deux chambres, une grande salle de bain et des toilettes séparées, ainsi qu'une pièce qui semble faire office de bureau. Encore une fois, des meubles à profusion : je ne prends pas la peine de les fouiller, je devine qu'ils seront quasiment vides.

J'ai une appréhension à chaque pas, malgré l'impression de solidité que dégage le plancher. Il grince, sans pour autant ployer sous mon poids. Je continue malgré tout de me méfier.

Aucune trace de Gaëlle. Je monte au deuxième étage. Encore un couloir, encore des pièces. Jamais pigé pourquoi les rupins se faisaient construire des demeures de cette taille : à moins de vouloir accueillir toute la fratrie et les cousins aussi, ça fait quand même un sacré volume. Bien plus d'entretien que d'utilité.

C'est là que je me souviens que quand t'as une armée de domestiques pour assurer l'entretien, la problématique ne se pose plus de la même manière.

J'appelle à nouveau Gaëlle, un peu plus fort, et cette fois, j'entends sa voix me répondre, faiblement : elle est encore au-dessus. Je reprends les escaliers. Ce manoir est beaucoup trop haut.

Il n'y a pas à proprement parler de troisième étage : ce sont les combles, aménagées en grenier. En y pénétrant, je sens immédiatement une vague de chaleur me submerger. Nul doute que l'isolation du toit est encore plus inexistante que celle des murs : ce grenier est une serre, ni plus ni moins.

— Gaëlle ! Tu vas pas croire ce que j'viens de trouver…

— Toi non plus.

Au fond de la pièce, Gaëlle me toise. La grande surprise, c'est qu'elle n'est pas seule.

Publié le 9 juillet 2026 par Gee
60 degrés à l'ombre

Roman d'anticipation autour de personnages fuyant une canicule en plein effondrement de civilisation. Saga de l'été publiée en juillet-août 2026.

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