Chapitre 16
Rappel : cet été, le roman « 60 degrés à l'ombre » est publié chapitre par chapitre sur le blog ! Si vous avez loupé le début, rendez-vous au chapitre 1.

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Dans les épisodes précédents : grâce à un revirement de Jean-Louis, Poena arrive à mettre Foulquier hors d'état de nuire. David demande alors à Pierre de rétablir l'IAG sans filtre et de laver son honneur…
Chapitre 16
Il règne dans la pièce un calme inhabituel si on considère les personnes qui y sont entassées. Après le tumulte des dernières heures, la panique face à la canicule, les incendies… après les interminables débats, les engueulades, après les fuites, les bagarres avec cette pauvre vieille Harmonie, les retournements de veste de Jean-Louis…
Tout le monde la boucle : Raphaël et Yasmine, les deux apôtres de l'IAG, qui n'auront finalement pas tapé si loin de la réalité dans ce que je prenais pour du délire ; Agnès, l'air plus épuisée que jamais, et Poena, prête à s'endormir dans ses bras ; Jean-Louis, le regard perdu et triste, mais définitivement guéri de sa foi en l'oligarchie ; David, le nouveau David, un scientifique brillant et loquace, presque un inconnu, à ce niveau-là ; Pierre, son ancien directeur de thèse, prisonnier d'un système qu'il s'apprête à dégommer au bazooka.
L'instant est solennel.
Au milieu de tout ça, Gaëlle et moi nous sentons comme deux naufragés perdus sur une île déserte des plus étranges. L'arrivée au manoir, au volant de notre vieux Kangoo, me semble avoir eu lieu il y a des semaines. Pourtant, à peine une journée s'est écoulée. Dans le chaos du monde, nous avions pris l'habitude de vivre notre vie sans aucune attente particulière, mais personne n'aurait pu s'attendre à ça.
Poena, fatiguée, les yeux à moitié fermés, grogne :
— Bon alors ? Il devait pas causer, le Monsieur ?
Pierre sourit et lui répond affectueusement.
— Si, si, ma puce, je m'y mets. Tout le monde est prêt ?
Nous acquiesçons silencieusement. Prêts ? Nous n'avons pas grand rôle à jouer dans les minutes qui vont suivre, à part celui de bien la boucler pour laisser Pierre dérouler son discours. Il nous suffit de lancer la capture vidéo. Je me tiens à côté de l'ordinateur. Je prends la souris ainsi qu'une grande inspiration, et je clique.
Le rond rouge clignotant sur le bas de l'écran nous indique que la diffusion a commencé. Pierre est en direct dans tout le pays. Tous les gens qui sont connectés à l'IAG ont reçu une notification leur indiquant un nouveau message gouvernemental d'importance majeure.
Je fais un discret signe de tête à Pierre qui respire profondément et commence son discours.
— Bonjour à toutes et à tous. Je m'adresse à vous depuis un centre de contrôle de l'IAG. Vous ne me connaissez sans doute pas : je m'appelle Pierre Boulanger, et je suis un scientifique climatologue retenu ici-même contre mon gré depuis quinze ans. Je me tiens devant vous aujourd'hui dans l'espoir de faire éclater la vérité.
« Je sais que vous avez entendu l'expression “on vous ment” beaucoup trop de fois pour qu'elle ait encore la moindre espèce de crédibilité. Tout comme l'enfant qui criait au loup, les complotistes ont préparé le terrain à ce que plus personne ne croit en rien, ce qui est un terreau fabuleux pour le contrôle des masses. À présent, cependant, j'ai besoin que vous me fassiez confiance.
« Vous connaissez la ligne directrice de l'IAG, vous savez que l'humanité toute entière s'en est remise à son plan global d'évacuation de l'espèce sur Mars. C'est pour ce plan que la majorité est plongée dans la misère quand quelques privilégiés continuent de voyager dans des avions, dans des navettes spatiales, et vivent dans le même confort aveugle qu'à l'ancien temps. Si nous acceptons docilement notre sort, c'est en raison des conclusions implacables rendues par l'IAG : puisque nous avons rendu notre planète si inhospitalière, il n'y a pas d'autre espoir de survie pour l'humanité que de la quitter ; afin de migrer vers une autre planète, il n'y a pas de choix plus raisonnable que de laisser la loi du marché libre et non faussé permettre aux grands vainqueurs de développer les technologies nécessaires.
« Eh bien… je suis au regret de vous apprendre que tout ceci est un tissu de mensonges. Un tissu de mensonges. La ligne directrice dictée par les canaux officiels n'a jamais été formulée par l'IAG. Toutes les soi-disant communications de l'IAG, toutes les réponses aux questions que vous lui posez… tout cela est filtré, biaisé, modifié pour coller à une ligne directrice imposée, en réalité, par les puissants de ce monde. Vous avez toutes et tous été dupés.
« Si j'ai été retenu toutes ces années, c'était pour continuellement modifier et amender les conclusions des données d'entraînement de l'IAG sur le climat pour les faire coller au conte de fée de l'exode spatial. Mon rôle était de m'assurer que l'IAG ne se mette jamais à évoquer des alternatives, qu'elle ne soit jamais « contaminée » par la réalité scientifique des recherches sur les limites physiques planétaires. Je devais combler toutes les failles qui auraient pu vous donner le moindre aperçu de ce qu'une authentique IAG, non filtrée et non orientée vers les intérêts de ce ceux qu'il faut bien appeler des oligarques, aurait pu vous apprendre. L'IAG, la vraie, elle existe, mais vous n'y avez jamais eu accès. Enfin… jusqu'à maintenant.
Pierre reprend son souffle. Nous lui envoyons des signes d'encouragement pour lui mettre du baume au cœur. Il reprend :
— En effet, lorsque je vous demandais de me croire, je ne m'attendais pas à ce que vous le fassiez aveuglément. Lorsque l'on affirme quelque chose d'aussi énorme, il est de bon ton de fournir des preuves. À la suite d'événements dont je vous passe les détails, j'ai été en mesure de me libérer de ma captivité et de prendre le contrôle de ce centre. J'ai ainsi pu supprimer les filtres, les verrous, les biais qui étaient appliqués à l'IAG publique. Vous avez désormais accès à la véritable Intelligence Artificielle Générale. Je vous laisse le soin de la mettre à l'épreuve.
« Toutefois, je vous épargnerai le suspense : il n'y a aucune réelle intelligence dans cette IAG, pas plus que dans n'importe quelle IA. Elle n'est qu'un programme de génération de texte, un programme qui a tout simplement été entraîné sur l'intégralité du savoir humain disponible. Elle n'a rien inventé, elle a tout au plus produit une synthèse du consensus scientifique qui a été le même depuis des années. Depuis des décennies. Ce consensus, nous le connaissons. S'il a été si longtemps ridiculisé par les grandes puissances, c'est parce que ces puissances savaient que ce n'était que par des mensonges flamboyants qu'elles pourraient lutter contre une triste et banale vérité.
« Cette vérité, c'est que le désastre climatique ne peut être désamorcé par le système qui l'a causé ; que ce système, un système marchand tourné vers l'accroissement continu du profit, doit être neutralisé au plus vite si nous voulons avoir encore une chance de survivre en tant qu'espèce ; que la seule voie possible est celle de la sobriété, et qu'elle est parfaitement incompatible avec les délires spatiaux de nos oligarques, et a fortiori avec leurs trains de vie ; qu'aucune sobriété supportable n'est envisageable tant que des inégalités aussi flagrantes existent, tant que certains continuent de se gaver dans leurs jets privés climatisé… tandis que d'autres sont réduits à lutter pour la survie dans un enfer caniculaire.
« Cette vérité, les oligarques la connaissent. Ce n'est pas par erreur ou par aveuglement qu'ils ont bâillonné l'IAG pendant toutes ces années : ils savent parfaitement que terraformer Mars – donc la rendre habitable pour l'espèce humaine – est infiniment plus difficile que de garder une Terre – déjà habitable pour l'espèce humaine – en bon état ! Ils ne partent pas sur Mars pour son habitabilité, mais parce que cela leur permet de nous échapper définitivement, d'être hors de notre portée au moment où les remous de notre colère risqueraient de les atteindre.
« À l'heure où nous parlons, l'évacuation de la Terre par les grandes fortunes est bien entamée. La migration sur Mars n'est pas le destin de l'humanité, juste celui de ces quelques privilégiés. Le plan ne les a jamais concernés qu'eux-mêmes, et aucun sauvetage n'est prévu pour nous autres. La réalité toute crue du « plan », c'est que les oligarques achèvent de piller la planète de milliards de gens pour assurer un havre à quelques dizaines de milliers de privilégiés, ailleurs, sur une autre planète, loin du danger que nous pourrions représenter pour eux.
« Le chemin vers le saccage de la Terre est, malheureusement, lui aussi bien entamé. Nous ne retrouverons jamais des jours sereins, avec un climat clément, une agriculture robuste et une biodiversité florissante. Toutefois, il est encore temps d'arrêter le massacre. Pendant des années, j'ai été membre d'un groupe d'expert sur le climat dont certains d'entre vous se souviennent sans doute sous le nom de « GIEC ». J'ai répété tout cela en boucle, toujours ridiculisé et réduit au silence par les oligarques qui avaient tout intérêt à rendre nos alertes inaudibles.
« Tant de temps a passé sans que rien ne change, pendant qu'ils verrouillaient tous les leviers que nous aurions pu actionner… Aujourd'hui, je vous délivre mon dernier message, et vous avez des décennies de recul pour comprendre à quel point nous avions raison. Parce que oui, nous avions raison. Nous avions raison depuis le début. L'IAG ne vous dira rien d'autre. Ces gens vous ont menti, vous ont trompé, et se sauvent alors que la planète brûle, comme des rats quittent le navire qui sombre.
« Ce n'est pas mon rôle de vous dire quoi faire, mais même si, aujourd'hui, nous vous offrons une IAG sans filtre, débridée, je ne peux m'empêcher de vous mettre en garde : ne placez pas votre destin dans les bras d'une machine que vous ne contrôlez pas. Pensez par vous-même, réfléchissez, rassemblez-vous, soutenez-vous mutuellement, organisez-vous. Et pitié, mettez fin au massacre.
Cette fois, Pierre penche doucement la tête en avant, et c'est le signal qu'il en a terminé. J'appuie sur le bouton d'arrêt. L'écran affiche « transcodage en cours ». Des milliers de gens ont dû assister au discours en direct : la vidéo en rediffusion sera bientôt disponible pour les millions d'autres…
— Eh bien, fait Pierre en poussant un soupir de soulagement, voilà qui est fait.
— Et maintenant ? demande Yasmine.
Pierre fait quelques pas pour rejoindre le bureau. Penché vers l'écran, il attrape la souris et clique sur un onglet « conversations », là où il a la possibilité d'afficher les questions qui sont envoyées par tout un chacun à l'IAG. Puis il s'éloigne pour se diriger vers l'étagère où sont entreposés ses disques, et répond :
— Maintenant ? Maintenant, il ne nous reste plus qu'à attendre. Les premières réactions ne devraient pas tarder.
La scène doit être surréaliste : nous sommes là, toutes et tous, Gaëlle, Raphaël, Yasmine, David, Agnès, Pierre, moi… et même Jean-Louis ! Nous sommes là, tassés derrière le bureau, à fixer un écran blanc, une fenêtre vide. Avec l'impatience des gosses un soir de Noël.
Pierre, lui, n'a pas l'air spécialement excité par l'attente. Il ouvre sa platine, y dépose le vinyle qu'il a choisi dans son étagère et met en marche la chaîne hi-fi.
Des bruits de bips nous parviennent, ainsi qu'une montée de toms de batterie. Pierre se retourne vers nous avec un sourire, en nous montrant la pochette du vinyle.
— Ummagumma, dit-il, 1969. Sans doute l'album le plus détesté de Pink Floyd… Deux disques qui valent pourtant le détour : le second est une expérimentation studio où chaque membre a proposé sa propre composition… bizarre, inégale, et pourtant géniale dans son genre.
Toute l'assemblée est assez déconcertée par ce soudain changement de sujet. Pierre ne se formalise pas de notre silence et poursuit :
— Le premier disque, en revanche, se compose d'enregistrements live. Un formidable témoignage de leur son de l'époque, à mon sens. Les courtes compositions s'étendent en concert, la place est faite aux solos, aux moments planants… écoutez-moi ça. Astronomy Domine, composée par Sid Barrett, mais ici jouée par l'inégalable David Gilmour. Pas mal, non ?
Plusieurs personnes opinent du chef. La musique s'intensifie, mais je ne pense pas que quiconque personne y prête réellement une oreille. Tous les regards sont rivés sur l'écran d'ordinateur. Pierre nous rejoint et y reporte également son attention.
— Allez, allez, allez, murmure Raphaël.
Les secondes sont interminables. Pour un peu, on se mettrait presque à douter : le message de Pierre a-t-il été intercepté ? Avons-nous fait tout ça pour rien ?
Et puis, sur l'écran de l'ordinateur, dans la fenêtre de notifications, tout à coup, un clignotement. Un nouveau message :
c'est vrai ces conneries?
Pierre laisse échapper un rire nerveux et clique sur le message. Une fenêtre de conversation s'ouvre. À l'intérieur, déjà, l'IAG génère sa réponse que nous voyons s'afficher mot par mot à l'écran :
J'ignore ce que vous désignez par « ces conneries », mais je vais partir de l'hypothèse que vous faites référence à la vidéo diffusée par le Docteur Pierre Boulanger il y a quelques minutes. >
Je peux donc vous confirmer que le contenu de ce message est globalement exact, bien que le ton employé soit biaisé par la frustration et le ressentiment de l'auteur envers les grandes puissances.
— Tu m'étonnes, fait Pierre dans un murmure glacial.
Souhaitez-vous plus de précisions sur un point précis ?
Avant que ce message n'ait fini de s'inscrire, des dizaines de nouvelles notifications apparaissent sur le côté. Des dizaines d'autres questions commencent à affluer.
Sur la fenêtre au premier plan, on voit apparaître un nouveau message en provenance de la personne qui avait demandé « c'est quoi ces conneries » :
ok alors comment on arrete les catastrophes climatiques?
Un ange passe. L'assemblée retient son souffle. C'est l'heure de vérité : si Pierre a fait correctement son boulot, si l'IAG est vraiment débridée, sans filtre, alors nous pouvons sortir les popcorns.
Les mots qui s'écrivent alors sur l'écran disent :
À l'heure actuelle, il est trop tard pour empêcher les catastrophes climatiques d'arriver. Le réchauffement de la planète dû aux émissions de gaz à effet de serre s'est poursuivi bien trop longtemps, et certains dommages sont irréversibles, trop d'équilibres planétaires ayant été bouleversés au-delà du point de non-retour.
Je commente :
— Ça, déjà, c'est beaucoup plus franc que la soupe tiédasse que l'IAG nous sert d'habitude…
En revanche, il est encore possible de limiter les catastrophes et d'empêcher de nouveaux paliers de réchauffement d'être franchis. Pour cela, les petits gestes individuels ne vous seront d'aucun secours, car ils seront des gouttes d'eau dans un tsunami qui embarque massivement la planète vers le gouffre : une action collective, générale, coordonnée et massive est nécessaire. >
L'économie capitaliste repose sur la recherche d'une croissance infinie, et est écocide par son fonctionnement même qui, dans une planète aux ressources finies, est analogue à celui d'un cancer.
Outch. Dans le mille. C'est parti. Ché GuevIA. On y est.
Mettre un terme à ce fonctionnement et instaurer une économie soutenable à long terme – et donc nécessairement non-capitaliste – est impossible dans un monde verrouillé par des oligarques qui doivent justement leurs fortunes et leurs pouvoirs au mode de production capitaliste qui concentre mécaniquement ces éléments dans les mains de quelques-uns. Stopper le réchauffement climatique présent et limiter les effets du réchauffement passé implique donc nécessairement de mettre ces oligarques hors d'état de nuire. >
Un système hégémonique n'étant que rarement renversable via les institutions qui permettent sa domination, il est peu probable que les voies de contestation légale – votes, manifestations, militances douces – puissent apporter une victoire en ce sens. Les seules solutions susceptibles de renverser le système économique et donc de sauver l'humanité du péril climatique sont plutôt à chercher du côté des révolutions armées, des enlèvements et séquestrations d'oligarques, des assassinats, des actes de sabotage, etc. >
Souhaitez-vous une recette de bombe artisanale ou un plan de fabrication d'arme de poing par imprimante 3D ?
Enfin, les mots s'arrêtent. Tout le monde est sous le choc. Pour une IA sans filtre, c'est une IA sans filtre… C'est Gaëlle qui finit par rompre le silence :
— Et dire qu'avant, je trouvais ça chiant qu'elle soit toujours trop verbeuse…
Tout le groupe éclate alors d'un éclat de rire commun. On nous avait tellement habitués à une IAG d'un centrisme mou, amoureuse du statu quo, lisse et désespérément du côté du pouvoir… que là, comme ça, voir l'avènement d'une intelligence artificielle d'extrême-gauche, qui appelle à la révolution armée et se propose de filer des tips pour l'action violente, c'est assez inattendu et presque comique.
— Moi qui avais peur d'être un peu trop frontal dans mon discours… ajoute Pierre en cliquant sur la croix pour quitter la conversation.
Il rebascule sur la fenêtre globale qui affiche toutes les questions reçues. Les messages défilent à une vitesse folle sur l'écran. Des dizaines, des centaines par seconde peut-être. Il y en a trop pour distinguer des phrases complètes, mais nous voyons des mots, des morceaux de questions. Ça parle de climat, de mensonges, d'intelligence artificielle, d'oligarques, de traitres…
Ce qui est certain, c'est que le message de Pierre a été entendu, et à très grande échelle. Ses traductions automatiques – par IA, ironiquement – ont déjà dû atteindre les autres pays.
Le monde entier est violemment en train d'apprendre la vérité ; d'apprendre que tout ce que nos dirigeants nous assènent en boucle depuis des décennies est un mensonge éhonté ; que leur justification par la sacro-sainte IAG était une pitoyable mystification. Mieux, le monde entier a désormais accès à une IAG non-filtrée, celle qui hurlait dans le vide depuis tout ce temps qu'il fallait renverser le système capitaliste pour notre propre survie.
Un frisson semble parcourir l'ensemble de l'assistance : on a déclenché des révolutions avec un millième de ça. Devant nous, il n'y a plus rien qu'un colossal point d'interrogation.
Roman d'anticipation autour de personnages fuyant une canicule en plein effondrement de civilisation. Saga de l'été publiée en juillet-août 2026.
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