Chapitre final
Rappel : cet été, le roman « 60 degrés à l'ombre » est publié chapitre par chapitre sur le blog ! Si vous avez loupé le début, rendez-vous au chapitre 1.

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Dans les épisodes précédents : l'accès à l'IAG non filtré a été rétablie, la vérité sur le plan des ultra-riches et le besoin de détruire le capitalisme se répend…
Chapitre 17
Personne ne parle dans la petite chambre où Pierre Boulanger, ancien scientifique du GIEC, vient de se libérer d'années de servitude en envoyant une gigantesque boule de démolition dans l'édifice soigneusement mis en place pour protéger l'oligarchie mondiale. En fond, la musique de Pink Floyd donne une couleur particulière à l'atmosphère.
Nous sommes tellement plongés dans nos pensées que lorsque l'alarme que nous avions déjà entendue deux fois retentit, nous sursautons dans un mouvement général.
— Ah, fait Pierre, c'est vrai… la correction des coordonnées.
Je me tourne vers Jean-Louis pour lui demander :
— Alors ? Plus vraiment convaincu de la pertinence d'aider nos dirigeants à atteindre Mars, hein ?
Il hausse les épaules, son visage est fermé. Toute trace de sa fidélité au système a totalement disparu :
— Qu'ils se débrouillent…
Raphaël lui demande :
— Que va-t-il se passer s'ils ne reçoivent aucune réponse ?
— Au bout d'un moment, j'imagine qu'ils vont se poser des questions. Logiquement, ils devraient signaler l'anomalie au centre spatial, qui renverra à n'en pas douter leur requête vers un autre centre IA, lorsqu'ils comprendront que le nôtre est défaillant.
— Donc… ils arriveront à bon port quoi qu'il arrive.
Jean-Louis se gratte la tête :
— Eh bien, nous ne sommes jamais à l'abri d'une avarie grave ou d'un problème inattendu, surtout lors d'un voyage interplanétaire comme celui-ci…
— Mais ?
— Mais en toute logique, notre silence ne leur sera pas fatal, non.
Parfois, il faut peu de chose pour faire basculer les événements. J'ignore si c'est un hasard, une intervention divine ou une simple facétie du destin, mais c'est à ce moment-là que, dans les hauts-parleurs, la voix de Roger Waters set met à susurrer « set the controls for the heart of the sun… ». Pris d'un soudain esprit d'initiative, je murmure un :
— Oui, pourquoi pas ?
— Pourquoi pas quoi ? me demande Gaëlle.
— « Set the controls for the heart of sun » : cap sur le cœur du soleil.
Des regards d'incompréhension s'échangent, mais Gaëlle, elle, a immédiatement pigé :
— T'es pas sérieux ?
— Oh que si. Cette bande de salopards qui, après avoir bien niqué nos chances de survie sur cette planète, filent en douce sur une autre en nous abandonnant à notre triste sort ? On va les laisser tranquillement filer ?
— Nous n'avons plus vraiment les moyens de les attraper maintenant, répond sombrement Jean-Louis.
— On n'a pas besoin de les attraper. Juste de les faire échouer dans leur entreprise de fumiers.
— Ce n'est pas de la justice, dit Pierre qui vient lui aussi de comprendre où je voulais en venir. C'est de la vengeance.
— C'est trop tard pour la justice.
Il y a un instant de silence. Puis, petit à petit, les langues se délient.
— Ils nous ont abandonné à mourir brûlés, fait Raphaël.
— En nous faisant croire qu'ils partaient en éclaireurs pour sauver l'humanité, poursuit Yasmine.
– Ramassis de saligauds, maugrée Agnès dans sa barbe.
David lui, ne dit rien, comme s'il s'était muré à nouveau dans son mutisme habituel. Gaëlle me regarde dans les yeux. Je vois une lueur s'y éclairer. Elle conclut calmement :
— Oui. Qu'ils crament.
La conclusion est funeste, l'ambiance est lugubre. Chacun et chacune de nous mesure la gravité de ce qui est en train de se décider au fin fond de ce bunker glauque. Prendre la décision de mettre en branle un assassinat en bande organisée, ça jette toujours un petit froid.
Devant l'absence de protestation, Jean-Louis se poste devant l'ordinateur et se tourne une dernière fois vers l'assemblée.
— Pas d'objection ? demande-t-il froidement.
Les gens se dévisagent. Pierre a les bras croisés, il désapprouve mais ne proteste pas ; David n'a pas l'air enchanté non plus mais n'en dit rien ; Poena, qui n'est pas vraiment en âge de comprendre et a décroché de la conversation depuis un moment, a les paupières closes ; les autres ont déjà fait leur choix.
— Très bien, fait Jean-Louis.
De quelques commandes, il scelle le destin de la bande de traitres coincés dans une navette spatiale bien loin d'ici. L'alarme s'arrête. Jean-Louis se relève et explique :
— J'ai changé les coordonnées de la destination. En cas de déviation de cette nouvelle destination, l'IAG recalculera sur la base du soleil…
— Et personne ne se rendra compte de rien ?
Jean-Louis ricane :
— C'est tout le drame d'avoir confié l'ensemble de la technique à l'IAG : plus personne n'a connaissance de rien, plus personne ne vérifie rien. J'ignore si les vivres ou le carburant leur viendront à manquer avant que la proximité avec le soleil ne devienne problématique, mais dans tous les cas, au moment où ils réaliseront le souci, il sera trop tard.
Il n'y a pas grand-chose à ajouter. Quelques secondes de flottement passent. Je me sens vidé, épuisé. Ces dernières heures ont été plus intenses et plus riches en événements que l'intégralité du reste de ma vie. À en voir leurs expressions, je parierais que les autres ressentent la même chose. Moi aussi, je voudrais bien m'endormir, comme Poena. Pourtant, notre périple est loin d'être terminé.
Lentement, Pierre se retourne vers nous et dit, d'un ton calme mais décidé :
— Allez. Maintenant, il ne vous reste qu'une chose à faire. Fichez le camp d'ici, et vite.
Avec les autres, nous nous regardons. Nous avons peur de comprendre. Pierre nous fixe les uns après les autres et s'exclame, d'un ton plus pressant :
— Fichez le camp, je vous dis ! En plus de fomenter un assassinat contre les personnes les plus puissantes du monde, nous venons de lancer un gros domino qui va déclencher une réaction en chaîne dont nous n'avons pas idée. Les huiles à la tête de l'IAG ne sont pas stupides : ils me connaissent, ils savent d'où venaient les messages. À l'heure qu'il est, une équipe d'intervention doit déjà être en route.
— Venez avec nous !
— Non ! Si je fuis, ils se mettront à notre poursuite ! Ils nous trouveront ! Vous n'avez aucun véhicule, ils seront sur nous en dix minutes.
Ah non. Il ne va pas nous faire le coup du « j'me sacrifie pour sauver les autres », quand même ? Ça va, je pense qu'entre sa carrière de scientifique et son dernier coup d'éclat, il a épuisé son quota d'héroïsme. Qu'il en laisse un peu pour les autres, merde !
— Déconnez pas, Pierre. On va partir sans vous !
— Ils n'ont aucune idée de votre existence. Je peux détruire la mémoire des caméras de surveillance. S'ils me neutralisent, ils seront satisfaits. Ils ne chercheront pas de complices. Harmonie ne peut plus rien leur dire.
Il jette un regard plein de sous-entendu à Jean-Louis. Celui-ci fait « non » de la tête. Lui non plus ne dira rien. Il s'apprête à déserter, à nous suivre.
— Que vont-ils vous faire ? demande Raphaël d'un ton inquiet.
Aucune réponse n'est nécessaire. Personne ne se fait d'illusion : Pierre nous l'a confirmé, le pays a cessé d'être un État de droit depuis belle lurette. Quand bien même : quel droit pourrait donc régner dans un bunker non-officiel ? De quel droit pourrait bénéficier un pauvre type retenu contre son gré depuis des années, en dehors de tout cadre légal ?
La vérité, c'est qu'ils le tueront. Ou pire. Je n'ose pas lui suggérer qu'il pourra tout à fait révéler notre existence sous la torture. C'est un homme qui a déjà accepté sa mort imminente, et je serais un sacré fumier d'en rajouter.
Dans la petite chambre, la musique de Pink Floyd continue d'emplir la pièce. L'orgue de A Saucerful of Secrets souligne toute la gravité de l'instant. Pierre n'aurait pu rêver meilleure B.O. lorsqu'il poursuit, d'un ton neutre, froid, calculateur :
— L'incendie doit être passé, à présent. C'est la nuit, il n'y a plus de flammes, la canicule est terminée, au moins momentanément. Vous n'aurez pas de meilleure occasion : partez ! Loin, très loin. Laissez le moins de traces possible. Trouvez un refuge pour la nuit, et continuez de marcher le lendemain. Ne parlez jamais de ce bunker. Vous échapperez peut-être à l'enfer qui va pas tarder à se déchaîner ici. Nous avons mis un gigantesque coup de pied dans la fourmilière. La réplique va être violente.
— Pierre… commence David.
— Quand tout sera terminé, le coupe Pierre, quand tout cela sera derrière nous… derrière vous… Alors tu pourras parler de moi. Tu pourras raconter ce qu'il s'est passé, ici, maintenant. Mais pas tout de suite : pour l'heure, tout ce que tu as à faire…
Il nous regarde toutes et tous, parcourant la salle du regard.
— Tout ce que vous avez à faire, c'est attendre que les graines que nous avons semées germent. Les choses sont hors de notre contrôle à présent. Nous ne pouvons que croiser les doigts. Demain, peu de choses iront mieux. Mais peut-être qu'après-demain… peut-être… Il faudra faire preuve de patience. Nous avons mis hors d'état de nuire un certain nombre de parasites, mais nous n'avons pas renversé le pouvoir ; nous avons révélé la vérité sur l'IAG, mais nous ne l'avons pas détruite. Tout cela n'est qu'un début. Et si nous jouons de malchance, ce ne sera le début de rien.
Je déglutis avec difficulté. Pour ce qui est de refroidir les états d'euphorie, Pierre a du talent. Avec son historique, ça n'a rien de surprenant, mais ça picote un peu d'en faire l'expérience en direct.
Plus personne n'ose lui couper la parole. Il est en train de nous livrer ses derniers mots. Je me suis beaucoup foutu de la gueule de Raphaël et de son côté « apôtre aveugle », mais là, dans le contexte, Pierre serait un prophète nous livrant la vérité divine que je ne serais pas plus attentif.
— Parfois, il suffit d'une petite secousse pour déclencher le séisme qui mettra à terre la forteresse la plus solide… Alors partez, fuyez loin d'ici, mais gardez espoir. Il se pourrait que nous ayons commencé quelque chose. Il se pourrait.
Avant qu'on ne s'en rende vraiment compte, c'est l'heure des adieux. On est plusieurs à chialer, et plus personne pour vanner qui que ce soit. Poena dort. Je ne suis pas certain qu'elle ait compris tout ce qui s'était joué ces dernières heures, mais le solennel et la gravité de la situation ne lui ont sans doute pas échappé.
David serre Pierre dans ses bras pendant de longues minutes. De nous tous, c'est le seul à avoir vraiment connu cet étrange bonhomme. J'ai du mal à imaginer ce qu'il peut ressentir. Sans trop savoir comment, je devine qu'au moment où nous quitterons le bunker, David se replongera dans son mutisme pour de bon. Peut-être même pour toujours.
Personne ne dit un mot alors que nous remontons les étages. La tête de Poena ballote doucement sur l'épaule de David qui l'a prise dans ses bras. Gaëlle et moi, nous portons Agnès sur son fauteuil dans les escaliers. Sans protester. Je n'ai plus le cœur à me lancer dans des crêpages de chignon avec mamie. Elle non plus. Même Jean-Louis nous suit sans rien dire : l'IAG l'a tout autant trompé que nous, et malgré ses fautes passées, il semble bien qu'il soit des nôtres, à présent.
À mesure que nous nous approchons de la surface, une odeur de brûlé se fait de plus en plus présente. Et lorsqu'enfin, nous atteignons le fameux sas que Gaëlle s'apprêtait à faire exploser lorsque nous avons été capturés, nous sommes immédiatement assaillis par un nuage de fumée. Quelques quintes de toux nous échappent avant que nous n'ayons la présence d'esprit de couvrir nos visages avec nos t-shirts.
La maison est en cendres, littéralement. Il ne reste pas grand-chose, quelques cloisons sont encore vaguement debout, mais les étages se sont écroulés. Nous devons pousser des morceaux de mur calcinés qui s'effritent dans nos mains pour arriver à ouvrir totalement le sas. Rien d'autre que le ciel ne nous surplombe.
À en juger par la luminosité, le matin ne va tarder à pointer le bout de son nez. Il fait plus chaud que dans le bunker, mais comparé à la canicule de la veille, il ferait presque frais. L'incendie est passé, il n'a rien épargné, mais il doit déjà être loin. Tout ce qui pouvait brûler s'est déjà éteint. Il n'y a plus qu'une matière charbonneuse uniforme à perte de vue, et de la fumée.
Le paysage qui s'offre à nous est lunaire, un paysage de mort. Arbres, herbe, végétation : il ne reste plus rien que des troncs morts noircis. Notre bon vieux Kangoo a des allures de Nouvel An. Nous ne distinguons aucun bâtiment aux environs, mais nul doute que les dégâts ont été considérables. Le nombre de victimes doit être désespérément élevé aussi…
Personne n'ose briser ce silence sans vie. Nous savons pertinemment qu'une longue route nous attend, à pied, avant de trouver un refuge, quelque part où passer la prochaine journée qui sera, c'est une certitude, à la hauteur de veille. Impossible pour l'heure de réfléchir plus en avant. Prendre un jour après l'autre, c'est encore ce que nous pouvons faire de mieux.
Nous marchons. Il est difficile de pousser le fauteuil d'Agnès dans ce foutoir, mais elle est notre camarade et nous ne l'abandonnerons pas. Je ne sais pas où nous allons, mais quelque part, je ne le savais déjà pas avant que nous atterrissions ici. Je ne l'ai jamais vraiment su. Ce que je sais, en revanche, c'est que l'humanité va changer de direction, grâce à nous. Vers une meilleure route ? Ce serait bien présomptueux de l'affirmer. Avons-nous amélioré les choses ? Je n'en ai aucune idée. Mais en levant le ciel, j'ai un peu réconfort en pensant à la tripotée de salopards qui se dirige lentement mais sûrement vers une cuisson pire que celle qui nous menace chaque jour ici-bas. Ce n'est sans doute pas la justice, non, mais ça nous éloigne déjà de l'impunité totale.
Ce sont des vies humaines, et je n'arrive même pas à me sentir coupable. Ces gens-là ont fait leur choix : le choix d'asservir leurs semblables, de laisser crever des pauvres gens par milliards pour préserver leurs privilèges, leur soif de pouvoir. Nous autres, ici-bas… nous n'avons pas décidé du niveau de violence. Nous n'en avions pas les moyens. Nous n'avons fait, en définitive, qu'adapter notre propre réaction à la violence de l'attaque que nous avions subie.
Alors Gaëlle a raison : qu'ils crament, ces enfoirés. Je leur souhaite une morte lente et douloureuse. Je leur souhaite de bien réaliser ce qui leur arrive, de comprendre qu'ils ne récoltent que ce qu'ils ont semé. Je me considère comme quelqu'un de paisible, doué de compassion, et je les hais d'avoir fait de moi un assassin, de m'avoir même retiré la plus élémentaire décence d'avoir des remords. Oui, qu'ils crament.
En attendant, savoir que l'IAG ne pourra plus être utilisée pour imposer le consentement à l'ensemble de mes congénères est aussi un réconfort. Oh, je ne doute pas que le contrôle sera rétabli dans peu de temps, mais ce sera trop tard : le génie est sorti de la bouteille, l'illusion a été brisée. Est-ce que les gens auront écouté la vraie parole de l'IAG entre-temps ? Celle qui disait de renverser les tyrans sur Terre, les rares qui n'ont pas déjà quitté la planète, et leurs sous-fifres ? Peut-être.
Plus important, surtout : plus personne ne fera jamais confiance à cette saleté. Peu importe comment les grandes puissances reprogrammeront la machine pour limiter la casse, le mal est fait. Et c'est heureux : le monde se portera bien mieux lorsque l'humanité arrêtera de placer son destin dans la main de technologies qu'elle ne maîtrise pas.
Soudain, je suis tiré de mes réflexions par un ronronnement lointain. Un bruit de moteur.
— Des hélicoptères, souffle Yasmine.
— Planquons-nous, intime Gaëlle.
Nous nous tassons tant bien que mal sous les branches noircies d'un gros buisson. Dans cette campagne dévastée, les endroits pour se cacher sont rares, mais la nuit est encore sombre. Surtout, pour ce que nous en savons, les hélicoptères n'en ont pas après nous. J'ignore comment Pierre compte leur expliquer la présence du Kangoo ou de la voiture d'Agnès. Ou l'absence de Jean-Louis, tiens. Je suis trop fatigué pour m'en inquiéter.
Trois engins nous passent au-dessus de la tête à toute vitesse, sans prendre la peine de ralentir ou d'explorer les environs. Au loin, nous les voyons s'approcher des restes du manoir, cherchant un endroit sûr où se poser. Je n'arrive pas à détourner mes yeux. C'est Gaëlle qui finit par me saisir par l'épaule en murmurant :
— Viens… on ne peut plus rien faire. Filons avant qu'ils ne réalisent qu'il y a du monde dans le coin…
Nous nous remettons en marche, plus vite. Mettre le plus de distance entre les lieux du crime et nous. Dégager, rapidement.
Derrière nous, les agents du gouvernement doivent déjà investir le bunker. Est-ce que Pierre sera exécuté sommairement ? Ou bien « interrogé », de toutes les manières dégueulasses que nous pouvons imaginer ? J'essaie de ne pas y penser. Du coin de l'œil, je vois David pleurer. En silence. Nous ne le changerons plus.
Même avec la meilleure volonté du monde, je ne peux pas m'empêcher de penser à Pierre. À ce vieux bonhomme qui a passé sa vie à essayer de nous prévenir que les grands de ce monde nous envoyaient au suicide collectif. Et qui a décidé de dédier sa mort à tenter de nous sauver de ces mêmes pourritures, une fois de plus. Moi, je n'ai jamais foutu grand-chose de très productif de ma vie. Aujourd'hui, je sais que j'en passerai le reste à faire en sorte que la mort de Pierre ne soit pas vaine.
Alors non, je ne sais toujours pas où nous allons. Mais je sais au moins où nous n'allons plus.
C'est déjà ça.
Roman d'anticipation autour de personnages fuyant une canicule en plein effondrement de civilisation. Saga de l'été publiée en juillet-août 2026.
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