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Chapitre 6

Publié le 20 juillet 2026 par Gee

Rappel : cet été, le roman « 60 degrés à l'ombre » est publié chapitre par chapitre sur le blog ! Si vous avez loupé le début, rendez-vous au chapitre 1.

Couverture du chapitre 6 de « 60 degrés à l'ombre »

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Dans les épisodes précédents : toutes les personnes réfugiées dans le manoir débattent de ce qu'il faut faire pour se protéger au mieux de la canicule. Mais alors que le narrateur se rend aux toilettes, il y découvre un inconnu : un certain Jean-Louis…

Chapitre 6

Dans la famille des comités d'accueil tordus, celui qu'on réserve à ce Jean-Louis se trouve sans doute dans le top cinq. Personnellement, si un jour, je sors des toilettes pour tomber sur une belle brochette de ce genre, je pense que je m'y ré-enferme illico. Tout le monde m'a suivi : Gaëlle, les deux tourtereaux de l'IAG, mamie dans son fauteuil, et même David et Poena que cette soudaine activité a attirés.

C'est Gaëlle qui prend l'initiative de frapper à nouveau à la porte.

— Oui ?

— Jean-Louis ?

— Oui ? C'est qui ?

— Euh… c'est Gaëlle.

— Gaëlle comment ?

— Vous connaissez beaucoup de Gaëlle ?

— Non. Justement, c'est ça qui m'inquiète.

— Sans indiscrétion, qu'est-ce que vous faites ici ?

— Eh bien, je… euh… c'est-à-dire…

On entend tout à coup un petit « plouf ». Des regards gênés s'échangent tandis que Poena explose de rire. Je ne connais pas Jean-Louis, mais ma compassion pour lui en cet instant est énorme : j'ai déjà horreur que quelqu'un m'entende quand je démoule un cake, mais alors avoir un auditoire de cette taille… j'en ferais des cauchemars.

— Et ça, c'est qui ? demande le type dans les toilettes.

— C'est Poena, répond Gaëlle.

— Bonjour Poena.

— Bonjour Caca ! s'exclame la môme, hilare.

D'accord. Pour ce qui est du surnom, je me rends compte que j'aurais pu tomber sur pire que « Mollux ».

— Pour en revenir à ma question, fait Gaëlle en couvrant les rires de Poena, vous faites quoi, là ? Dans cette maison, j'veux dire ?

— Euh, pourquoi voulez-vous le savoir ?

— Ben, c'est-à-dire qu'on est deux trois à nous y être installé… et personne ne vous avait croisé jusqu'à maintenant.

— Ah.

— Voilà. Dans l'absolu, on est pas contre l'idée d'accueillir quelqu'un d'autre, mais on voudrait bien savoir par où vous êtes rentré.

— Ah.

— Oui.

— D'accord.

Un silence. Gaëlle fait une moue dubitative et reprend :

— Vous voulez pas nous le dire ?

— Vous dire quoi ?

— C'que vous faites là ?

— Ben… en fait, c'est chez moi, ici.

Aïe. C'est toujours un peu gênant de squatter une maison et de se rendre compte ensuite qu'elle n'est pas vide… Bon, ceci étant dit, on est six – sept, si on compte la gamine – et lui est tout seul avec son froc baissé : pour ce qui est du rapport de force, Jean-Louis est plutôt mal barré.

N'empêche qu'on se sent un peu cons, là. Non seulement le proprio est présent, non seulement on a réussi à passer quatre heures dans cette baraque sans le croiser, mais en plus on l'embarrasse dès la première interaction. On a beau se torcher avec la propriété privée, on a le respect de la personne… et là, force est de constater que le respect a foutu le camp à vitesse grand V.

La chasse d'eau retentit alors que Raphaël hasarde un :

— Euuuh, cela vous ennuie-t-il si nous nous abritons chez vous ?

— C'est qui, ça ?

— C'est Raphaël.

— Raphaël comment ?

Ça va vite me gonfler, cette histoire. Je ne laisse pas le temps à Raphaël de répondre et je dis d'un ton ferme :

— Bon, vous voulez pas sortir ?

— Ah, vous, j'ai déjà entendu votre voix ! Vous ne m'avez pas répondu, tout à l'heure.

— On s'en fout. Sortez, qu'on fasse les présentations en bonne et due forme !

— Mmh… non.

— Pardon ?

— J'suis bien là.

— Sur vos toilettes ?

— Oui.

— Les fesses à l'air ?

— Non pas que ça vous regarde, mais je me suis rhabillé.

— Justement, maintenant que vous êtes présentable, vous voulez pas sortir ?

— Non.

— Mais pourquoi ?

— Pas envie.

Je ferme les yeux dans une tentative pour rassembler toutes mes réserves de patience. Un chieur. On est tombés sur un chieur. Au propre comme au figuré, maintenant que j'y pense. Est-ce que vraiment, c'était ce que j'attendais de cette journée ? Me faire tirer dessus, me faire insulter de mollusque, manquer de me faire ensevelir sous les ruines d'une maison en carton, et maintenant ça ? Négocier avec la porte des chiottes pour savoir si on a le droit de rester dans une maison même pas isolée au lieu d'aller caner dehors ?

Y'a des jours comme ça…

— Et donc, reprend Raphaël, ça ne vous ennuie pas si nous restons là ?

— Là… devant la porte ?

— Euh… non. Là, dans votre maison.

— Ah.

— Ça vous ennuie ?

— Si ça m'ennuie, vous partez ?

— Non.

— Alors non, ça ne m'ennuie pas !

J'ai comme une impression de déjà-vu… enfin, de « déjà entendu ». Je jette un coup d'œil à Agnès : elle va bien s'entendre avec notre nouveau venu… Je murmure à Gaëlle :

— Qu'est-ce qu'on fait ?

Elle hausse les épaules d'un air blasé :

— S'il veut pas sortir, on va pas le forcer… tant qu'il nous embête pas…

— Hééé, s'exclame Poena, monsieur Caca, il connaît pas le code ?

La pertinence de la remarque m'étonne :

— Mais c'est vrai ça !

— Ben oui, me lance Agnès avec un regard mauvais, elle est pas bête, ma petite fille !

— Ah bon ? Jusqu'ici, c'était pourtant très bien imité.

Je m'attends déjà à entendre l'insulte fuser, mais Agnès, redoutant sans doute un nouvel éclat de voix, la marmonne si bas que je ne peux la comprendre. Gaëlle demande à travers la porte :

— Jean-Louis ?

— Oui ? C'est Gaëlle, c'est ça ?

— Oui, je…

— Bonjour Gaëlle.

Gaëlle me fait les gros yeux en mimant un étranglement de ses deux mains, mais elle continue d'une voix calme :

— Bonjour Jean-Louis. Donc… Est-ce que vous pourriez nous donner le code de la porte blindée ?

— Quelle porte blindée ?

— Celle en acier qui prend la moitié du hall, sous l'escalier. On peut difficilement la louper.

Je me sens obligé d'ajouter :

— Va falloir arrêter de nous prendre pour des abrutis, Jean-Louis.

— Pourquoi voulez-vous le code ?

— Ben, pour aller à la cave…

— Pourquoi ?

— Pour faire parler les cons, lance Agnès.

Poena hurle à nouveau de rire. Je dois admettre que celle-ci, Jean-Louis ne l'a pas volée. Ça va pas me faire marrer longtemps, les « pourquoi » et les « ah » et toute cette diarrhée verbale. À mon avis, Jean-Louis se fout de nous dans les grandes largeurs.

— Non, sans blague, dit Gaëlle. Il commence à faire chaud ici. On voudrait pouvoir s'abriter au frais.

— Ah.

— Oui. Donc, le code ?

— Euh, j'l'ai oublié.

— Il ment, dit Yasmine.

— C'est qui ça ? répond Jean-Louis.

Je me mets à crier :

— On s'en fout de qui c'est !

— Ouais ! renchérit Agnès. Tu nous files ton foutu code ou on défonce la porte ! Et toi dans la foulée !

— Voilà ! Mamie a raison !

Agnès se penche vers moi et murmure :

— Quand je dis « on » défonce la porte…

— Oui oui, vous inquiétez pas, je m'en occupe…

Si on arrêtait de se prendre le bec deux minutes, je suis sûr qu'on ferait un bon duo, avec mamie. On entend Jean-Louis couiner derrière sa porte close.

— J'vous jure que j'm'en souviens plus !

Gaëlle, qui a toujours fait preuve d'une patience infinie avec les casse-pruneaux, continue de dialoguer d'une voix posée :

— Vous êtes en train de nous dire que vous avez oublié le code de la porte blindée ? Vous avez protégé votre cave avec un dispositif de sécurité comme celui-là… et vous avez oublié le code ?

— Ben oui, quoi. Vous n'oubliez jamais rien, vous ?

— On a surtout pas de porte blindée, nous. Y'a quoi, derrière cette porte ?

— Euuuh…

— Oui ?

— Je sais p…

— Jean-Louis, si vous me dites que vous savez plus, il va vraiment falloir consulter un neurologue.

— C'est la cave, voilà. La cave. Vous l'avez dit, non ?

Gaëlle et moi nous dévisageons mutuellement. Il y a un truc pas net avec Jean-Louis… Bon d'accord, il y a deux ou trois trucs pas net. Ma camarade fait un signe de tête à tout le groupe et nous nous éloignons un peu de la porte pour pouvoir discuter sans être entendus. Je demande, dans un murmure :

— On est bien d'accord qu'il se paie nos tronches ?

— Oui, répond Raphaël.

— Sans aucun doute, renchérit Yasmine.

— Reste à savoir sur quels points, complète Gaëlle.

— Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

— Eh bien… soit il nous ment sur le code de la porte, ce qu'il y a derrière et tout le tintouin : il a rien oublié du tout, il veut juste rien dire. Soit il nous ment lorsqu'il prétend que c'est chez lui, ici.

— Ça me semble bien résumé, acquiesce Agnès. Je penche pour la deuxième option.

— Moi aussi. Ce que j'pige pas, c'est : pourquoi mentir sur ce point ? Il devait bien se douter qu'on se rendrait vite compte qu'il connaissait pas les lieux.

Je hausse les épaules :

— Il avait sans doute peur qu'on le foute dehors…

— Mais s'il a menti, c'est qu'il savait aussi pertinemment que nous n'étions pas chez nous.

Gaëlle réfléchit un instant puis ajoute :

— En plus, il y a autre chose qui m'intrigue : par où est-il entré ? Raphaël et Yasmine étaient sous les combles depuis bien avant qu'on arrive, mais lui, il est pas au rez-de-chaussée depuis bien longtemps : on l'aurait forcément croisé.

Agnès, Raphaël et Yasmine confirment ne pas l'avoir aperçu une seule fois depuis leurs arrivées respectives. Je grommelle :

— Bon, ben on va pas y passer cent sept ans.

Je retourne devant la porte des toilettes, suivi par les autres, et j'y tambourine :

— Bon Jean-Louis, maintenant on arrête les salades. C'est pas chez vous ici, pas vrai ?

— Mais si, mais si !

— Ah oui ? Prouvez-le !

— Allez donc regarder sur la boîte aux lettres !

— La boîte aux lettres qui est… ?

— À côté du portail.

Un concert de grognements résonne dans le hall : personne n'a la moindre envie de mettre un orteil dehors, par ce temps.

— Et on y trouvera quoi, sur cette boîte aux lettres ?

— Le nom ! Foulquier !

— Foulquier ?

— Foulquier, oui.

En me retournant vers mes camarades, je lance à la cantonade :

— Quelqu'un se sent d'aller vérifier ?

Personne ne pipe mort. Je parcours l'assemblée du regard et je remarque alors que tous les yeux sont fixés sur moi.

— Ah non.

— Ah si, fait Agnès.

— Vous voulez pas plutôt tirer à la courte paille ?

— À quoi bon ? demande Yasmine avec un sourire compatissant. Il y a consensus.

— Pas d'ma part !

— On peut voter, si tu veux.

— J'ai comme un pressentiment sur le résultat.

— Oh, mais arrête de chougner, me lance Gaëlle. Je t'accompagne.

Devant une telle proposition, je peux difficilement dire non, même si je ne vois toujours pas pour quelle raison j'ai été désigné d'office. Certainement pas pour mes talents de leader. Si c'est pour mes talents de gogo, il va falloir que je mette le holà rapidement si je ne veux pas devenir le larbin de ce refuge…

Tandis que je me prépare psychologiquement à affronter l'air extérieur, Gaëlle farfouille dans le placard à côté de la porte d'entrée et en extrait un parapluie. Par chance, celui-ci semble faire partie de la portion « réelle » de la maison. Ouvert, il peut nous abriter tous les deux. Il est large et d'un noir opaque qui devrait nous procurer suffisamment d'ombre pour que nous ne cuisions pas au bout de trois pas.

Dès que nous passons le seuil de la maison, nous bénissons cette ombrelle de fortune. Des fortes chaleurs, nous en avons connues ; nous n'en sommes pas à notre premier temps étouffant ; mais là, clairement, les records sont éclatés. L'air est tellement dense que nous avons l'impression de nous mouvoir dans une piscine surchauffée. Marcher demande un effort substantiel. Respirer demande un effort substantiel.

Un silence de mort s'est emparé des environs. Comme si la campagne tout entière retenait son souffle, chaque être vivant sur le fil du rasoir, la terre s'asséchant un peu plus à chaque minute. Il n'y a pas un souffle de vent, tout est immobile. L'horizon ne zigzague que par l'effet du sol brûlant qui irradie l'air. Une odeur de grillé nous sature les narines.

À petits pas, Gaëlle et moi traversons le parc. Le gravier chauffé à blanc craque sous nos pas. Pieds nus, nous aurions la sensation de marcher sur des braises ardentes.

Nous contournons le Kangoo et sa carrosserie blanche, aveuglante en plein soleil. En apercevant tristement ses vitres brisées, j'en viens à me demander si tout cela en valait bien la peine : et si nous avions continué notre route au lieu de prendre ce maudit virage qui nous a menés ici ? Aurions-nous fini par trouver une vraie maison ? Avec de la fraîcheur ? Pas habitée par une bande de zinzins comme celle que nous devons nous fader ici ?

Si je faisais part de mes questionnements à Gaëlle, elle me répondrait surtout que ça ne sert à rien de ressasser : ce qui est fait est fait. Les regrets, c'est bon pour les gens qui ont déjà abandonné. Si tu as l'espoir de survivre dans un monde comme le nôtre, t'as rarement le loisir de te morfondre sur le passé. S'inquiéter du futur – et même du présent – occupe l'intégralité de ton attention.

Nous arrivons au portail et nous repérons la boîte aux lettres que nous n'avions pas remarquée en arrivant ce matin. Une bonne vieille boîte vert bouteille, à l'ancienne, avec son ouverture à clapet et sa petite étiquette.

— Foulquier, y lit Gaëlle. Il a pas menti.

— Mouais. Sauf que c'est « H. Foulquier ». Aux dernières nouvelles, « Jean-Louis », ça commence pas par la lettre « H »…

— Effectivement. Dans tous les cas, ça ne prouve rien, de toute façon. Ce Jean-Louis a tout à fait pu lire le nom sur la boîte aux lettres en arrivant.

— Ben oui… mais attends, alors pourquoi on s'est cassé le tronc à venir ici pour vérifier ? Vu que ça change rien ?

Gaëlle me jette un regard en biais et fait une moue inintéressée :

— On pourra toujours lui demander s'il a un document d'identité pour prouver ses dires… si jamais il finit par sortir de ses toilettes.

Elle s'éloigne de la boîte aux lettres et marche vers le chemin qui part de la propriété. Je lui colle au train rapidement pour ne pas quitter la zone d'ombre assez localisée formée par notre parapluie, et lui demande :

— Tu comptes partir en randonnée ? Personnellement, puisque le mystère de la boîte aux lettres a été résolu, je ne serais pas contre l'idée de rentrer. On étouffe ici… encore plus qu'à l'intérieur.

— Je voudrais simplement regarder quelque chose. Viens.

Mais c'est pas possible ! Est-ce qu'on pourrait arrêter de m'entraîner dans tous les plans foireux ? Qu'est-ce qu'on fout, au juste, là, en plein cagnard, à s'attarder comme si l'atmosphère entière n'était pas en train d'essayer de nous assassiner ?

Évidemment, je la suis. Je suis toujours Gaëlle. Jusqu'à maintenant, ça ne m'a pas trop mal réussi. Entre nous deux, c'est elle, la futée. Une qualité qu'elle compense par son esprit d'aventure : les aventuriers ont en commun avec les abrutis de ne pas faire de vieux os. Le jour où Gaëlle se plantera, j'espère que j'aurai eu assez de jugeote pour ne pas la suivre cette fois-là. Si je suis honnête avec moi-même, j'en doute…

Nous déambulons le long du chemin poussiéreux où les traces de notre dérapage en Kangoo sont encore visibles. La route descend petit à petit, et j'essaie de ne pas penser au fait que nous allons devoir la remonter pour rentrer au manoir… Gaëlle parcourt les environs du regard. Moi aussi, de fait, mais comme j'ignore ce qu'elle cherche, je ne lui suis pas d'un grand secours.

— Tu peux m'expliquer où on va ?

— Je veux vérifier une théorie… On est bien d'accord que le manoir est plus ou moins construit sur une butte, pas vrai ?

Je me retourne. Quelques mètres de dénivelé nous séparent de la propriété.

— A priori oui. En quoi ça t'intéresse ? On va devoir la remonter, cette foutue butte, t'en es bien consciente ?

— Oui. Mais je…

Elle s'arrête au beau milieu de sa phrase, en fixant quelque chose au sol.

— Là ! Regarde.

Je m'exécute. Je ne vois rien de particulier. Le sol en terre séchée est jonché de cailloux, avec quelques grosses pierres qui dépassent. Devant mon air incrédule, Gaëlle s'agace et tape du pied sur une des grosses pierres.

— Ça, là !

Je me penche en avant pour regarder de plus près. Ce que j'avais pris pour une grosse pierre est en fait un bloc… un bloc de béton ? Comme l'arête du cube. Certainement pas quelque chose de naturel.

— C'est quoi, ce truc ?

— Un bout du bunker, me fait Gaëlle.

Je me relève et je la dévisage, incrédule. Un bout du… elle est sérieuse ?

— Attends… on est à cent mètres de la baraque… t'es pas en train de suggérer que… ?

— Si. Je suis de plus en plus convaincue de ma théorie : le manoir a été construit pour dissimuler l'entrée d'un bunker. Pas d'un petit abri, d'un véritable complexe souterrain. Un bunker qu'on a enterré sous cette butte, et dont on voit l'un des rebords extérieurs ici.

— Mais s'il vient jusque-là et qu'il est aussi étendu dans chaque direction… il doit être énorme !

— J'en ai bien l'impression.

— Non mais… énorme, ÉNORME ! Tu te rends compte ? Un seul étage d'un truc de cette taille, ça représenterait un complexe de dizaine de pièces…

— Oui, et il pourrait y avoir plus d'un étage.

Je réalise petit à petit que sa théorie devient de moins en moins farfelue. De la sueur me perle dans le dos, et pas seulement à cause de la température délirante. Mais dans quoi avons-nous donc foutu les pieds ?

Gaëlle regarde en direction du manoir avec un visage sombre, et murmure :

— Je crois qu'il va falloir que ce « Jean-Louis » s'explique. Et vite.

Publié le 20 juillet 2026 par Gee
60 degrés à l'ombre

Roman d'anticipation autour de personnages fuyant une canicule en plein effondrement de civilisation. Saga de l'été publiée en juillet-août 2026.

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