Chapitre 13
Rappel : cet été, le roman « 60 degrés à l'ombre » est publié chapitre par chapitre sur le blog ! Si vous avez loupé le début, rendez-vous au chapitre 1.

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Dans les épisodes précédents : le narrateur, revenu à lui après s'être fait taser, et Agnès parviennent à mettre Foulquier et Jean-Louis hors d'état de nuire et à récupérer fusil à pompe et taser. Que faire, maintenant, des deux anciens geôliers devenus prisonniers ?
Chapitre 13
Avoir le canon d'une pétoire pointé entre les deux yeux, je recommande pas : une étoile sur cinq. En revanche, retourner la situation et tenir en joue la pourriture qui vous a tiré en pleine tronche un peu plus tôt, c'est d'enfer, je dois bien le reconnaître.
Je dis ça, mais dans les faits, c'est surtout Gaëlle qui tient Foulquier en joue. Ça ne change pas grand-chose : cette dernière a l'air de fulminer intérieurement.
— Vous n'avez pas idée du pétrin dans lequel vous êtes en train de vous fourrer, grince-t-elle avec des menaces plein les intonations.
Je lui réponds :
— En fait, si. C'est-à-dire que Jean-Louis nous a un poil rencardé, sans vouloir balancer.
La moue de supériorité que fait Foulquier en entendant ces mots ne me dit rien qui vaille. Il est clair depuis le départ qu'elle ne porte pas son subordonné dans son cœur ; ce qui m'embête, là, c'est qu'elle donne l'impression d'avoir encore un coup d'avance sur nous. Je n'aime pas ça.
— Qu'est-ce qu'on fait ? répète Gaëlle.
— Nous devrions les enfermer quelque part, suggère Raphaël.
— Ça nous a pas des masses réussi la première fois, remarque Agnès.
Je lance à Foulquier :
— C'est vrai ça, comment vous avez fait pour sortir de votre cellule ?
Elle relève la tête d'un air fier :
— On ne m'enferme pas dans mon propre bunker…
— Ça ne répond pas vraiment à ma question.
— Tant mieux.
— Bon ! s'exclame Yasmine. Nous n'allons quand même pas les flinguer, là, comme ça ?
Ça ressemblerait presque à une suggestion.
— BANG ! BANG ! s'écrie Poena, la graine de psychopathe n'en perdant jamais une.
Gaëlle indique le couloir d'un petit mouvement de fusil et ordonne à Foulquier et Jean-Louis :
— Avancez.
Je lui demande :
— Tu comptes faire quoi ?
— Puisqu'on peut décidément pas les quitter des yeux, on va les emmener avec nous.
— D'accord, mais où ? La sortie est par là – j'indique l'escalier par lequel je suis descendu.
— Si j'ai bien compris, il reste un mystère à élucider. Et un prisonnier à libérer. Ce fameux Boul…
— Vous devriez partir, la coupe Foulquier d'une voix calme. L'incendie doit être terminé. Quittez ce bunker et on oubliera tout.
Gaëlle a un ricanement.
— Parce que vous vous imaginez qu'on accorde le moindre crédit à vos paroles après tout ça ? Avancez.
Foulquier finit par obéir, talonné par un Jean-Louis tout penaud, et non sans avoir adressé à un regard venimeux à Gaëlle. Nous les suivons à bonne distance. Le couloir est quasiment vide et ne distribue que très peu de portes. Gaëlle interpelle nos deux captifs :
— Stop ! Qu'est-ce qu'il y a derrière cette porte ?
Elle indique une pièce fermée sur la droite. Un panneau de contrôle rouge en interdit l'accès. Ni Foulquier ni Jean-Louis ne répondent.
— Ouvrez-la, ordonne Gaëlle.
Foulquier hausse à nouveau le menton dans un air de défi.
— Non. Qu'allez-vous faire, jeune fille ? M'abattre à bout portant ?
— C'est pas l'envie qui m'en manque, vieille femme.
Foulquier a un rire sans joie. Gaëlle se tourne vers Jean-Louis :
— Ouvrez, vous.
— Jean-Louis n'est pas habilité, raille Foulquier.
Je pige soudain le code couleur : le badge de Jean-Louis était orange, celui de Foulquier rouge. Nous avons vu des panneaux de contrôle verts, oranges… et celui-ci est le premier rouge que nous croisons. Le dernier niveau de sécurité, sans doute. Je soupire :
— Bon, on va pas y passer la nuit.
Je me rapproche de Foulquier en évitant de me placer dans l'axe du fusil que Gaëlle braque toujours avec vigilance. D'un mouvement sec, j'arrache le badge rouge accroché à la ceinture de notre antagoniste. Celle-ci me regarde dans les yeux sans rien dire. Elle me fout les chocottes, c'est quelque chose ! Je n'en laisse rien paraître, évidemment. J'ai ma fierté. Comme ça ne saute pas aux yeux avec mon mouchoir enfoncé dans les deux narines, je le retire et le fourre dans ma poche. Le saignement a cessé.
Je passe le badge contre le panneau qui réagit avec un petit « bip ». Le cliquetis m'indique que la porte est déverrouillée. Nous pénétrons dans la pièce. Il s'agit d'une sorte de petit bureau, plutôt du genre austère : un meuble avec un ordinateur, une chaise et une armoire, et c'est tout. Aucune décoration, juste les murs bruts de béton et deux néons au plafond. Je plains la personne qui travaille ici, et je ne peux m'empêcher d'interroger Foulquier :
— C'est votre bureau ?
Elle ne me répond pas, mais je suis quasiment sûr que j'ai tapé juste. J'ajoute :
— Charmant… vous l'avez fait à votre image.
Piqué par la curiosité, je ne peux m'empêcher d'aller ouvrir l'armoire métallique.
— Ça vous embête pas, hein ?
Il est assez clair que ça l'embête. J'ai l'impression de mettre des petites claques à un gros lion affamé. Heureusement que Gaëlle, qui se tient dans l'embrasure de la porte, à une distance raisonnable, pointe toujours le fusil sur elle. Poena, Agnès et David sont restés en arrière, dans le couloir.
Je sors quelques dossiers et les pose sur le bureau. Intéressés, Raphaël et Yasmine me rejoignent pour les consulter. Ça ressemble à des fiches d'employés. Je lance à Foulquier :
— Ah mais vous êtes DRH, en fait ?
— Qu'est-ce que vous entendez par « évacué » ? demande Raphaël.
Sa question s'adresse à Foulquier. Il nous montre le dossier d'un certain Marc Lambert. Sous ses informations personnelles – nom, prénom, date de naissance, etc. –, il est indiqué « Status : évacué ».
— Marc est en congés paternité, dit Jean-Louis.
— La ferme ! claque Foulquier.
Je prends un ton taquin :
— Oh-oh-oh, on a touché un point sensible. C'est-y-pas qu'on ferait des cachoteries à ce brave Jean-Louis, hein ?
Foulquier a l'air mal à l'aise, et Jean-Louis ne comprend définitivement pas de quoi nous parlons…
— J'ai l'impression que tout le personnel est « évacué », remarque Yasmine. Isabelle Fayard, évacuée…
— Elle est en vacances, dit Jean-Louis.
— Gabriella Marquez, évacuée…
— Gabriella ? s'étonne Jean-Louis. Mais elle…
— Jean-Louis, bouclez-la ! claque soudain Foulquier. Ou je fais un rapport !
Le pauvre Jean-Louis baisse les yeux et se tait. Je ricane :
— Je vois pas bien à qui vous comptez faire un rapport avec un fusil à pompe pointé sur votre nuque.
— Oh ! s'exclame Raphaël en me montrant un autre document.
— Ah oui, belle trouvaille ! « Harmonie Foulquier »… Harmonie ? Dans la famille des prénoms mal portés…
L'intéressée a un tressaillement léger. Sa photo, sur la fiche, est ancienne, elle y apparaît plus jeune… et plus souriante. Je lis :
— « Status : en attente d'évacuation. » Intéressant. Attendez une seconde…
J'ai un pressentiment. Je fouille les autres fiches. Il n'y en a pas tant que ça et je tombe très vite sur ce que je cherche. Je lis à voix haute :
— « Jean-Louis Vauchard. Status : en probation. »
— En probation ? répète Jean-Louis d'un ton scandalisé en se tournant vers celle que l'on connaît maintenant comme « Harmonie » Foulquier.
— Jean-Louis, grince-t-elle entre ses dents, ça n'est pas le moment de discuter de ça.
— Moi je trouve que c'est un très bon moment, intervient Gaëlle. C'est quoi ces histoires d'évacuation ?
— Et cette histoire de probation ? répète Jean-Louis, dont l'indignation semble lui avoir fait oublier la peur que lui inspire d'ordinaire Foulquier.
Notre hôte garde encore une fois le silence.
— Si vous ne voulez pas parler… commence Gaëlle.
— C'est bon, fait Harmonie.
Sans un mot de plus, elle marche doucement vers le bureau sans quitter Gaëlle des yeux, car cette dernière continue de la menacer de son fusil. Elle ouvre un tiroir, en retire un autre dossier et le lance dans ma direction. Je l'attrape au vol et lit l'intitulé sur la pochette bordeaux :
— « RESCUE-7b, RESCUE-7c, RESCUE-7d… ». Il y en a un paquet. D'autres missions vers Mars, après la mission RESCUE-7 qui est dirigée depuis ce bunker, j'imagine ?
— La mission suivante est censée être RESCUE-8, remarque Raphaël.
Devant mes sourcils haussés, il précise :
— RESCUE-8 sera supposément la première mission à grande échelle, où l'évacuation de l'humanité débutera. Elle n'est pas prévue avant de nombreuses années, voire des décennies.
— Et donc ? je demande.
— Ouvrez le dossier, fait Foulquier.
Je m'exécute et me plonge dans la lecture des documents. Il y a des schémas de navette spatiale, une longue liste de figures montrant des cartes de la galaxie et des étapes des trajets. Enfin, je tombe sur des listings de passagers. Le contenu ne me surprend pas. J'agite la feuille devant mes camarades :
— Eh bien ! Notre chère Harmonie Foulquier fait partie des heureuses élues qui iront se réfugier sur Mars dans quelques mois ! Mission RESCUE-7c, c'est bien ça ?
— De quoi ? s'exclame Jean-Louis. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
En voyant les autres noms sur la liste, je lui explique :
— Vos collègues – soi-disant en vacances – sont déjà partis, Jean-Louis. RESCUE-7b pour leurs cas. Vous, par contre, je ne vous vois nulle part. En probation, donc…
— Jean-Louis, dit Foulquier en le regardant droit dans les yeux, le projet a été tenu secret pour ne pas perturber votre travail au bunker, mais vous serez sur le prochain listing, c'est quasiment une certitude.
— Pourquoi suis-je en probation ? demande Jean-Louis.
Foulquier déglutit. Évidemment, devant l'ampleur de la mascarade, il est compliqué pour elle d'inspirer la confiance à Jean-Louis. On lui a caché que l'intégralité du bunker avait déjà pris son billet pour le paradis martien, et que sa boss s'apprêtait elle aussi à mettre les voiles sans prendre la peine de le prévenir… Forcément, ça remet un peu en perspective la foi qu'on accorde à sa hiérarchie.
— Vous êtes en probation, grommelle Foulquier avec les mâchoires serrées, à cause de votre tendance gênante à discuter mes ordres. Maintenant, fermez-la, et arrêtez de donner des informations et des avantages aux intrus qui sont en train de foutre la merde dans ce projet top secret !
Son ton est monté et elle a presque crié cette dernière phrase. Je ne crois pas l'avoir entendue jurer jusqu'ici, et je parierais que Jean-Louis non plus. Foulquier me fait l'effet d'être de ces êtres bien peignés, propres sur eux, qui inspirent la peur et le respect sans jamais prononcer un mot plus haut que l'autre. Cette soudaine perte de sang-froid a quelque chose d'inédit.
— Je… bredouille Jean-Louis, je ne donne aucun avantage aux intrus, je voudrais juste qu'on m'explique pourquoi, malgré mon travail acharné auprès de Pie…
— Jean-Louis, le coupe fermement Foulquier, si vous voulez avoir la moindre chance de quitter un jour cette planète pourrie, FERMEZ-LA !
Cette fois-ci, elle a vraiment hurlé. Sa voix rauque résonne dans le bunker. Un ange passe. Jean-Louis est comme tétanisé. C'est d'une toute petite voix que Yasmine brise le silence :
— Que… comment ça, « la moindre chance » ? Nous finirons tous par embarquer pour Mars, n'est-ce pas ?
Le temps semble comme suspendu tandis que la question résonne dans la pièce. Le silence qui suit, pesant, semble durer des siècles. Foulquier toise Yasmine sans rien dire. Personnellement, j'ai déjà pigé. Et, en fait, je m'en doutais depuis très longtemps. Je murmure en regardant Foulquier :
— Il n'y aura aucune mission RESCUE-8, pas vrai ?
Elle ne répond toujours pas, mais je perçois une sorte de confirmation malveillante dans la moue qu'elle affiche, défiante. Yasmine se plaque les mains sur la bouche, Raphaël éberlué, bredouille un tout petit « non ». Je poursuis d'une voix plus forte, sûr de moi à présent :
— Il n'y a jamais eu de plan pour évacuer l'humanité. Les milliardaires, les puissants sont partis ou sur le départ. Les quelques laquais qui ont aidé à mettre sur pied leur plan profiteront de quelques navettes supplémentaires en remerciement de leurs bons et loyaux services. Et pour continuer de les servir, j'imagine. Mais ce sera tout. Nous autres…
— Nous autres, poursuit Gaëlle en croisant mon regard, il ne nous restera plus qu'une Terre invivable pour y mourir en masse dans l'effondrement climatique en cours.
Elle n'a quitté Foulquier des yeux qu'une poignée de secondes. Une poignée de seconde qui suffit à renverser la situation. D'un mouvement brusque, Foulquier plonge sa main dans le tiroir du bureau et en extrait une arme de poing. Un pistolet, une sorte de semi-automatique comme on en voyait dans les films d'espionnage. Lorsque Gaëlle réalise son erreur, il est trop tard : Foulquier a son arme braquée sur elle.
Les deux femmes sont face à face, chacune menaçant l'autre de mort avec son arme pointée, un fusil à pompe pour Gaëlle, une pétoire plus petite mais non moins létale pour Harmonie. Dans la pièce, Raphaël, Yasmine et moi-même sommes rassemblés en cercle autour du bureau. Impuissants. Dans le couloir, Agnès, David et Poena ont dû comprendre ce qu'il se passait, mais ne peuvent pas grand-chose pour nous.
— Lâchez ça, ordonne Foulquier.
— Vous d'abord, rétorque Gaëlle.
L'atmosphère est lourde. C'est le calme avant la tempête. Chaque personne massée dans cette pièce exiguë retient son souffle.
Une balle va être tirée. Une seconde risque de suivre dans la foulée. Gaëlle comme Foulquier savent pertinemment qu'un tir à la tête, même immédiatement mortel, ne préviendra pas une éventuelle contraction de phalange. Destruction mutuelle assurée. Nous sommes au point mort, et pourtant le face-à-face ne peut durer éternellement.
Yasmine, Raphaël ou moi-même pourrions tenter une diversion, faire un mouvement vers Foulquier en espérant attirer son attention et laisser Gaëlle lui plomber le museau. C'est risqué. La probabilité d'y laisser sa peau est élevée. Ceci étant dit, nous sommes encore et toujours largement en supériorité numérique. En l'état, je doute que Jean-Louis fasse figure d'allié fidèle à Harmonie.
C'est finalement Gaëlle qui se décide à abréger les choses. Gaëlle a toujours eu du cran : elle a dû être sportive de l'extrême dans une autre vie.
Comme au ralenti, je la vois plonger en avant. Foulquier presse la détente, le coup de feu claque. La balle passe au-dessus de la tête de Gaëlle et va se loger dans le mur du couloir. Le pari le plus risqué qu'a jamais fait ma camarade a payé. Elle actionne aussi son fusil au moment où elle heurte le sol, mais Foulquier s'est déjà réfugié derrière le bureau.
— À couvert ! s'exclame Gaëlle.
Dans un mouvement de panique, nous détallons de la pièce et filons en direction du fond du couloir, entraînant Agnès, David et Poena sur notre chemin. Avec surprise, je constate que Jean-Louis nous suit, tout aussi paniqué que nous.
Tout au bout du corridor, un embranchement nous donne le choix entre une grosse porte blindée sur la gauche, et un autre couloir sur la droite. Il n'y a plus d'escalier, nous sommes au dernier niveau.
Foulquier est sur nos talons, on entend ses pas précipités depuis l'autre bout de l'étage.
Instinctivement, tout le monde se réfugie dans le passage de droite, sauf Yasmine qui tente d'ouvrir la porte blindée : elle passe la main sur la poignée et tire dessus de toutes ses forces.
— C'est verrouillé ! s'écrie-t-elle avant de nous rejoindre pour se mettre à l'abri, évitant un nouveau tir de Foulquier qui est sortie de sa cachette.
À côté de la porte verrouillée, un panneau de contrôle orange est illuminé d'une petite LED. D'un même mouvement, tout le monde se retourne vers Jean-Louis qui accueille nos regards d'un :
— Bah quoi ?
— Z'avez la clé, non ? s'exclame Agnès avec impatience.
— C'est un badge.
— ON S'EN FOUT !
Nous sommes plusieurs à avoir crié la même chose. Un autre coup de feu vient faire exploser le néon du couloir principal, nous plongeant dans une semi-obscurité. Jean-Louis déglutit, jette un regard dans le couloir et respire un bon coup. Ça ne l'enchante pas, mais il va le faire. Il lance à Gaëlle :
— Couvrez-moi.
— Il y a combien de cartouches, dans ce truc ? demande-t-elle en indiquant le fusil à pompe.
— Quatre. Il devrait vous en rester trois.
Celle-ci opine du chef, vise dans le couloir et envoie un premier coup de fusil, forçant Foulquier à se réfugier à nouveau dans le bureau.
— Maintenant !
En un éclair, Jean-Louis traverse le couloir, plaque son badge sur le panneau, et la porte se déverrouille dans un petit « clic ». Gaëlle se positionne dans le couloir, à découvert, et tire un deuxième coup en direction de Foulquier pour lui passer l'envie de riposter.
Raphaël et Yasmine se précipitent vers la pièce et ouvrent la porte à la volée, suivis de David qui porte Poena sur ses épaules. Troisième et dernier tir de la part de Gaëlle
— Grouillez-vous ! crie-t-elle.
Son chargeur du fusil est vide. Je passe en dernier en poussant le fauteuil d'Agnès à travers l'ouverture. Je me retourne juste à temps pour voir Gaëlle entrer en trombe dans la pièce, une balle envoyée par Foulquier venant s'écraser non loin de là.
Nous refermons la porte et en deux temps trois mouvements, Jean-Louis a déjà attrapé une chaise pour bloquer la poignée. Raphaël et Yasmine consolident le tout avec une grosse armoire métallique.
— Espérons que ça t…
Des coups de feu font résonner la porte blindée. Foulquier est derrière et tente la manière forte. Rien ne se passe, la porte ne bouge pas. La poignée remue dans le vide, coincée par notre barricade.
Très vite, le silence revient. Harmonie a abandonné.
— Elle va revenir, murmure Jean-Louis.
Derrière nous, une voix inconnue se fait soudain entendre :
— Jean-Louis ? Mais que se passe-t-il ? Que signifient ces coups de feu ?
Nous nous retournons, et je réalise que nous avons pénétré dans un petit sas qui donne sur la chambre où le fameux Pierre Boulanger était enfermé. Ce dernier se tient là, devant nous, et dévisage Jean-Louis d'un air interdit. Puis il passe chacun des visages inconnus en revue.
Tout à coup, je le vois ouvrir de grands yeux ahuris, son front se creusant de rides. Avec incompréhension, il bredouille :
— D… David ? C'est toi ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
À notre stupéfaction générale, David répond calmement :
— Bonjour, Pierre.
Roman d'anticipation autour de personnages fuyant une canicule en plein effondrement de civilisation. Saga de l'été publiée en juillet-août 2026.
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